Publié le 11 décembre 2025 17h15. La maladie de Parkinson, un trouble neurologique en forte progression, touche déjà des millions de personnes dans le monde. Des recherches récentes suggèrent que des facteurs environnementaux et des habitudes de vie pourraient jouer un rôle plus important qu’on ne le pensait dans son développement.
- Le nombre de cas de maladie de Parkinson devrait dépasser les 25 millions d’ici 2050.
- Des mesures simples, comme filtrer l’eau, purifier l’air et adopter une alimentation saine, pourraient contribuer à réduire les risques.
- L’activité physique régulière et un sommeil de qualité sont également des éléments clés de la prévention.
Il y a plus de deux siècles, un médecin britannique a décrit pour la première fois un ensemble de symptômes qui allaient révolutionner la neurologie. Aujourd’hui, cette maladie, qui affecte le mouvement, la motivation, la prise de décision et la régulation émotionnelle, est un défi de santé publique croissant. Loin de se limiter à des tremblements ou une raideur musculaire, la maladie de Parkinson impacte également l’intestin, la peau et d’autres organes, témoignant d’une complexité bien supérieure à celle initialement perçue en 1817.
En 2021, on estimait à près de 12 millions le nombre de personnes atteintes dans le monde. Les spécialistes s’inquiètent de la vitesse à laquelle ce chiffre augmente, prévoyant qu’il dépassera les 25 millions d’ici 2050. Le neurologue Michael Okun souligne que cette croissance est même plus rapide que celle de la maladie d’Alzheimer, un constat qu’il juge alarmant. Si les facteurs génétiques ne représentent que 10 à 15 % des cas, de plus en plus d’études mettent en évidence le rôle potentiel de toxines présentes dans l’environnement : l’air, l’eau, les aliments et les produits chimiques du quotidien.
Conseiller médical de la Fondation Parkinson, Michael Okun insiste sur l’importance de comprendre ces facteurs pour envisager un avenir différent :
« Nous n’avons pas à accepter l’idée que cela est inévitable. »
Michael Okun, conseiller médical de la Fondation Parkinson
Son dernier ouvrage explore en détail comment certains agents chimiques pourraient contribuer silencieusement au développement de la maladie.
Cinq actions pour limiter les risques
Parmi les nombreuses recommandations formulées par le Dr Okun, cinq se distinguent par leur impact potentiel et leur facilité de mise en œuvre au quotidien :
1. Boire une eau saine
Le spécialiste conseille d’installer un filtre à charbon sur son robinet. Ces filtres peuvent réduire la présence de pesticides et de produits chimiques tels que le trichloréthylène (TCE), historiquement utilisé dans l’industrie et lié à des risques neurologiques. Bien que son utilisation soit désormais restreinte, il peut persister dans des sources contaminées. Réduire l’exposition à ces substances permet de soulager le fardeau métabolique qui pèse sur l’intestin et le cerveau.
2. Respirer un air purifié
Le Dr Okun recommande l’utilisation de purificateurs d’air équipés de filtres capables d’éliminer les composés organiques volatils (COV), émis par les peintures, les meubles, les produits de nettoyage ou les solvants. Ces composés peuvent endommager les organes essentiels et même le système nerveux. Protéger cette « porte d’entrée » entre le nez et le cerveau pourrait être essentiel pour réduire l’exposition aux particules toxiques.
3. Choisir des aliments sains
Même les produits biologiques doivent être soigneusement lavés. Frotter les fruits et légumes pendant au moins 20 secondes permet d’éliminer les résidus de pesticides qui pourraient endommager lentement les mitochondries, responsables de la production d’énergie dans les cellules. Selon le Dr Okun, ce simple geste réduit la charge chimique quotidienne à laquelle le système nerveux est confronté.
4. Rester actif physiquement
L’exercice quotidien est l’un des piliers les plus solides de la prévention de la maladie de Parkinson et peut également améliorer les symptômes chez les personnes déjà atteintes. Marcher en plusieurs séances de 20 minutes, atteindre environ 7 000 pas par jour ou utiliser un vélo stationnaire (particulièrement adapté aux personnes souffrant d’instabilité) active les circuits dopaminergiques et peut aider à ralentir la progression de la maladie.
5. Dormir profondément et régulièrement
Le sommeil est un outil naturel de nettoyage du cerveau. Pendant les phases de sommeil profond, le système chargé d’éliminer les toxines est activé, réduisant l’accumulation de substances nocives. À l’inverse, un mauvais sommeil augmente la vulnérabilité neuronale. Le spécialiste rappelle également qu’une consommation modérée de caféine le matin est associée à un risque moindre de développer la maladie de Parkinson.
Bien que cette maladie reste un domaine de recherche complexe, avec de nombreuses questions en suspens (de ses causes exactes à une méthode de diagnostic définitive), les spécialistes soulignent qu’il existe des marges de manœuvre. L’augmentation mondiale des cas, son impact personnel et social considérables, et les preuves croissantes du rôle des facteurs environnementaux rendent la promotion de mesures préventives plus urgente que jamais.
Prendre soin de l’eau, de l’air, de l’alimentation, de l’activité physique et du sommeil ne se limite pas à améliorer la santé générale : cela pourrait devenir l’une des stratégies les plus précieuses pour faire face à un trouble qui progresse souvent silencieusement.
[Source: CNN Español]
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