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Un patch cutané innovant offre un système d’alerte précoce contre l’anaphylaxie

Publié le 16 mai 2024. Des chercheurs saoudiens ont mis au point un patch cutané innovant capable de détecter les signes précoces d'une réaction anaphylactique, offrant ainsi un potentiel gain de temps crucial pour prévenir une crise potentiellement…

Un patch cutané innovant offre un système d’alerte précoce contre l’anaphylaxie

Publié le 16 mai 2024. Des chercheurs saoudiens ont mis au point un patch cutané innovant capable de détecter les signes précoces d’une réaction anaphylactique, offrant ainsi un potentiel gain de temps crucial pour prévenir une crise potentiellement mortelle.

  • Le patch, développé à l’Université des sciences et technologies du roi Abdallah (KAUST), mesure en continu les niveaux d’immunoglobulines E (IgE) dans le liquide interstitiel de la peau.
  • Grâce à l’utilisation de micro-aiguilles indolores, le dispositif est capable de détecter des concentrations d’IgE aussi faibles que 30 picogrammes par millilitre (30 pg/mL), une sensibilité bien supérieure aux méthodes actuelles.
  • Les données collectées pourraient être transmises sans fil à un smartphone, permettant une surveillance en temps réel et une alerte précoce.

L’anaphylaxie, une réaction allergique sévère, peut se manifester par un gonflement des voies respiratoires et une difficulté à respirer, et nécessite une intervention rapide. Elle est généralement déclenchée par des aliments comme les œufs, les noix, le lait ou les fruits de mer, mais peut survenir suite à l’exposition à d’autres protéines présentes dans des plats préparés.

Chez les personnes allergiques, ces protéines stimulent la production d’anticorps IgE, qui à leur tour provoquent la libération d’histamine et d’autres substances chimiques responsables de la réaction allergique. Si les taux d’IgE peuvent être mesurés par des analyses sanguines, cette méthode est invasive et douloureuse, ce qui limite son utilisation pour une surveillance continue.

Le patch AllergE, développé par l’équipe du professeur Dana Alsulaiman et du professeur Khaled Salama, propose une alternative non invasive. Il est constitué d’un ensemble de minuscules micro-aiguilles, chacune mesurant moins d’un millimètre de long et de la largeur d’un cheveu humain. Ces aiguilles pénètrent en douceur la couche supérieure de la peau, sans atteindre les terminaisons nerveuses, et accèdent au liquide interstitiel, dont la composition reflète celle du sang.

Lorsque les anticorps IgE présents dans ce liquide entrent en contact avec des brins d’ADN spécifiques, appelés aptamères, intégrés aux micro-aiguilles, ils modifient leur forme et génèrent un signal électrochimique. Une électrode intégrée au patch traduit ce signal en une mesure quantitative des niveaux d’IgE. Les premiers tests, réalisés sur de la peau humaine artificielle, ont démontré une sensibilité remarquable, capable de détecter des concentrations aussi faibles que 30 pg/mL, soit « des centaines de fois plus sensible » que les méthodes conventionnelles.

Les chercheurs envisagent que le patch puisse transmettre ses données sans fil à une application mobile, offrant ainsi aux patients et à leurs proches une surveillance continue et une alerte en cas de risque d’anaphylaxie. Les résultats de cette recherche ont été récemment publiés dans la revue ACS Materials Letters.

Source: KAUST

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.