Publié le 14 décembre 2023 10:30:00. Un ancien collaborateur critique le lancement d’un nouveau fonds pour créateurs par VICE, soulignant des retards de paiement passés et remettant en question la sincérité de cette initiative dans un contexte de difficultés financières de l’entreprise.
VICE, malgré son image novatrice, est confronté à des accusations de pratiques financières douteuses envers ses créateurs. Un ancien collaborateur dénonce des factures impayées et met en garde contre la signature de nouveaux contrats avec l’entreprise, malgré le lancement récent d’un « fonds pour les créateurs ».
L’auteur de ces accusations, qui a souhaité rester anonyme, se souvient d’une époque où VICE représentait une bouffée d’air frais dans un paysage médiatique souvent perçu comme rigide et peu accueillant. Il témoigne d’un enthousiasme initial à collaborer avec VICE, rapidement assombri par des problèmes de paiement.
« J’adorerais travailler à nouveau avec eux un jour, rassembler des talents incroyables et raconter de belles histoires, et je sais que je ne suis pas seul dans ce cas », confie-t-il, avant d’ajouter que l’annonce du nouveau fonds lui semble être une tentative de communication maladroite. « Créer un fonds pour les créateurs alors qu’il y a encore des factures de pré-faillite impayées pour les créateurs avec lesquels ils ont travaillé dans le passé ressemble à une vaine tentative de propagande pour essayer de regagner la confiance des créateurs indépendants. »
L’ancien collaborateur illustre ses propos avec un exemple concret : un projet de synchronisation musicale où la totalité des revenus devait être reversée aux artistes. « Quelques milliers de dollars pour un jeune artiste qui fait de la musique sur un ordinateur portable à la maison, c’est un loyer, ou un nouvel ordinateur, ou du temps, de l’espace pour respirer… Cela pourrait très bien faire la différence entre continuer et s’épuiser. » Il déplore que ces sommes, bien que modestes, n’aient pas été versées aux artistes concernés.
Il dénonce une tendance générale dans les industries créatives où les jeunes talents sont prêts à accepter des conditions précaires pour accéder à des opportunités et gagner en visibilité. Il évoque même la fameuse « règle du 22-22-22 » – embaucher des jeunes de 22 ans, les faire travailler 22 heures par jour pour un salaire annuel de 22 000 $ (environ 20 000 €) – comme un mécanisme de sélection qui exploite la passion et l’ambition des débutants.
L’auteur reconnaît que VICE a permis à de nombreuses personnes de s’épanouir, mais souligne que ce n’est pas le cas de tous. Il met en garde contre l’illusion d’une entreprise qui pourrait se permettre de négliger ses obligations financières en raison de son capital culturel. « Être cool » n’est pas, selon lui, un modèle économique viable.
Il critique également la stratégie de communication de VICE, qui privilégie la présentation d’une image positive plutôt que la résolution des problèmes passés. « Il est toujours plus facile de vendre « la suite » que d’assumer la responsabilité de ce qui reste non résolu. L’avenir se photographie bien mieux qu’un bilan avec une gigantesque colonne de chiffres négatifs. »
L’ancien collaborateur conclut en exprimant son souhait que VICE puisse surmonter ses difficultés, mais insiste sur la nécessité de respecter les créateurs et de les rémunérer équitablement. Il se tient à disposition pour discuter de ces questions avec les responsables de l’entreprise.
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