Les marchés financiers affichent une résilience surprenante face à la hausse mondiale des taux d’intérêt, avec des signaux contradictoires entre les obligations sous pression, la vigueur des métaux précieux et le rebond des cryptomonnaies. Si les actions semblent pour l’instant épargnées par la volatilité, des nuages s’accumulent à l’horizon, notamment en 2026.
La Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait avoir achevé son cycle de hausse des taux. Les marchés à terme indiquent désormais que la première baisse de taux d’un quart de point ne se produira pas avant juin prochain. Cette perspective suggère que la décision de Jay Powell, le président de la Fed, de ce mois-ci pourrait être son dernier ajustement de taux directeur pour l’instant.
La politique monétaire américaine traverse une période de tensions internes inédites. Les votes dissidents au sein du Comité fédéral de la politique monétaire (FOMC) se multiplient, rompant avec la tradition d’un consensus plus fréquent. L’arrivée potentielle d’un proche de l’ancien président Trump à la tête de la Fed pourrait accentuer cette tendance, au détriment de l’indépendance de l’institution. La démission controversée d’Adriana Kugler, ancienne responsable de la Fed, pour violation des règles commerciales, n’a pas été suivie d’enquêtes approfondies, laissant présager un changement de culture possible.
À l’échelle mondiale, les taux d’intérêt ont atteint leur plus haut niveau depuis 2009, avec des hausses significatives en Allemagne, au Royaume-Uni, au Japon et en Australie. Les marchés anticipent désormais une poursuite de la hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE), plutôt qu’une baisse.
Cette situation exerce une pression accrue sur les entreprises, en particulier celles qui ont recours à l’endettement pour financer des opérations de fusions-acquisitions. Le volume de ces transactions, dépassant les 10 milliards de dollars (environ 9,2 milliards d’euros), a atteint des niveaux records à l’approche de 2025. Les entreprises pourraient être confrontées à des difficultés pour mener à bien ces projets dans un contexte de taux d’intérêt élevés.
Dans ce contexte, les métaux précieux, notamment l’or et l’argent, se distinguent par leur performance. Le prix de l’argent a franchi la barre des 61 dollars l’once troy (environ 56 euros), tandis que celui de l’or se négocie désormais au-dessus de 2 000 dollars l’once (environ 1 850 euros). Les cryptomonnaies ont également connu un rebond depuis leurs plus bas de mi-novembre, profitant d’un contexte macroéconomique favorable.
Malgré la hausse des taux et des prix des matières premières, la volatilité des marchés actions reste contenue. L’indice de volatilité VIX, qui mesure la perception du risque par les investisseurs, a atteint 17 en milieu de semaine, mais semble ensuite retomber. Le taux à 10 ans, considéré comme un indicateur clé, reste en dessous de 4,5 %, ce qui soutient pour l’instant les marchés actions.
La saisonnalité pourrait jouer en faveur d’une poursuite de la hausse des marchés d’ici la fin de l’année. Selon Goldman Sachs, la seconde moitié du mois de décembre est traditionnellement une période favorable pour les investissements, avec un rallye qui se prolonge souvent jusqu’au début janvier.
Cependant, les premiers mois de l’année prochaine pourraient être plus difficiles. Historiquement, les périodes de janvier-février sont moins propices à la hausse, avec des gains moyens faibles. Les années d’élections de mi-mandat sont également souvent plus risquées, avec des rendements inférieurs à 5 %.
L’évolution du marché du travail américain sera un facteur déterminant pour l’année 2026. Des données récentes indiquent une reprise des embauches, ce qui pourrait atténuer les craintes de ralentissement économique. Une augmentation de la masse salariale et une hausse des salaires réels pourraient également stimuler la confiance des entreprises et des consommateurs.
En résumé, la situation économique actuelle est complexe, oscillant entre une possible « réinflation » (hausse modérée des prix) et un retour de l’inflation. Les marchés actions restent résilients, mais des risques se profilent à l’horizon, notamment en 2026. Les investisseurs diversifiés ont enregistré leurs meilleurs gains annuels depuis 2021, avec des performances positives sur les actions, les obligations et les matières premières.
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