Home SantéAntibiotiques en milieux aquatiques : même les produits de dégradation peuvent constituer une menace !

Antibiotiques en milieux aquatiques : même les produits de dégradation peuvent constituer une menace !

by Sophie Martin

Publié le 14 décembre 2025 à 10h06. Des études récentes révèlent que les produits de dégradation des antibiotiques et des antiviraux présents dans l’eau pourraient constituer une menace pour la santé publique, en favorisant la résistance aux antimicrobiens. Cette recherche, menée par un scientifique de l’Université des sciences agricoles de Suède (SLU), met en lumière un aspect jusqu’alors négligé de la pollution médicamenteuse.

  • Les antibiotiques et antiviraux se transforment une fois dans l’organisme, et leurs produits de dégradation peuvent persister dans l’environnement.
  • Ces produits de dégradation peuvent être aussi, voire plus, dangereux que les substances d’origine en termes de développement de résistance aux antibiotiques.
  • L’impact de ces produits de dégradation sur l’environnement est un domaine de recherche relativement nouveau.

La présence d’antibiotiques dans l’environnement aquatique est un problème croissant. Si l’on sait que seule une fraction des médicaments que nous prenons est excrétée inchangée, le reste subit des transformations biologiques, principalement au niveau du foie. Ces substances, ainsi que leurs produits de dégradation, peuvent ensuite être modifiées par des facteurs environnementaux tels que l’exposition au soleil. Il en résulte des mélanges complexes d’antimicrobiens et de leurs dérivés, chacun possédant des propriétés chimiques spécifiques.

Paul Löffler, chercheur à la SLU, a consacré l’intégralité de ses travaux de doctorat à l’étude de ces produits de dégradation peu connus. Il s’est penché sur leur identification, leur localisation, leurs caractéristiques et les risques qu’ils présentent. Ses recherches indiquent que ces substances ne sont pas anodines.

« Nos études montrent que les substances formées lors de la dégradation des médicaments peuvent parfois présenter un risque aussi important, voire supérieur, que la substance mère. C’est un aspect qui a jusqu’à présent rarement été pris en compte dans la surveillance environnementale ou l’évaluation des risques. Mais des modifications chimiques mineures peuvent être d’une grande importance. »

Paul Löffler, chercheur à la SLU

Cette découverte souligne la nécessité d’une approche plus globale de la surveillance de la pollution médicamenteuse, en tenant compte non seulement des substances d’origine, mais aussi de leurs produits de dégradation. Il est crucial de mieux comprendre les effets de ces composés sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine.

Pour en savoir plus sur les travaux de Paul Löffler, consultez l’article complet sur le site de la SLU.

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