Les Camerounais se tournent massivement vers les applications de messagerie instantanée comme WhatsApp et Messenger, réduisant considérablement leur utilisation des appels et SMS traditionnels. Cette évolution, constatée par l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), s’explique principalement par le coût des services traditionnels et une augmentation significative de l’accès à internet mobile.
Selon le dernier rapport de l’ART, l’utilisation des appels et SMS GSM classiques a chuté de 14 % en 2024. En parallèle, le nombre d’abonnés internet mobile actifs a augmenté de 19,15 %, atteignant 15,09 millions de personnes sur un total de 31,5 millions d’abonnés.
Le trafic de données internet a également connu une hausse notable, s’élevant à 779,8 millions de gigaoctets (Go) en 2024. Bien que ce chiffre soit inférieur au pic de 1,25 milliard de Go enregistré en 2020, pendant la crise sanitaire, il représente une augmentation de 25,87 % par rapport à l’année précédente.
Dans les rues de Douala, les utilisateurs confirment cette tendance. « Quand je passe un appel WhatsApp, je ne crains pas de manquer de crédit. Cela consomme des mégaoctets et coûte moins cher. Avec les appels traditionnels, il faut parler vite, même avec un forfait », témoigne un utilisateur de téléphone portable.
L’économiste David Kuate souligne que les pratiques tarifaires des opérateurs de télécommunications ont également contribué à ce changement. « Depuis 2017, la plupart des services auparavant gratuits sont désormais payants. Ce qui inquiète les consommateurs et les distributeurs, notamment les opérateurs de paiement mobile, c’est l’augmentation constante des prix de divers services tels que les SMS et les transferts d’argent », explique-t-il.
Il critique également le manque de transparence concernant ces frais. « Les associations de défense des consommateurs n’ont pas été en mesure d’expliquer clairement le fondement juridique de ces frais, ce qui décourage de nombreux abonnés et les pousse vers des alternatives moins coûteuses. »
M. Kuate plaide pour une meilleure protection des consommateurs et une plus grande responsabilisation des opérateurs. « Une réglementation adéquate permettrait d’établir un cadre clair expliquant l’évolution des prix depuis 2017, année où certains services étaient gratuits, jusqu’en 2022, 2024 et maintenant 2025, où les coûts ont continué d’augmenter. Il est urgent que ce secteur soit mieux réglementé afin de protéger les consommateurs », a-t-il ajouté.
Malgré cette préférence croissante pour les applications internet, certains Camerounais continuent d’utiliser les appels traditionnels, notamment en raison de problèmes de connexion, de perturbations du réseau ou de délais de réponse plus longs en ligne.
Pour aller plus loin
