Publié le 15 décembre 2025 à 01h00. Des chercheurs de l’Université de Toronto ont mis au point une technique innovante et peu coûteuse pour capturer le dioxyde de carbone directement de l’air, s’appuyant sur des principes physiques simples et des processus naturels pour réduire l’empreinte environnementale des technologies de captage du carbone.
- Une nouvelle méthode de captage direct du carbone (CDC) basée sur l’évaporation et l’action capillaire.
- Une réduction potentielle des coûts d’investissement jusqu’à 40 % par rapport aux systèmes traditionnels.
- Un système qui minimise la consommation d’énergie en utilisant le vent naturel et des matériaux simples.
La lutte contre le changement climatique pourrait bénéficier d’une nouvelle arme : une technique de captage du dioxyde de carbone (CO₂) plus accessible et moins énergivore. Des chercheurs de l’Université de Toronto ont développé une méthode originale qui s’inspire de phénomènes naturels comme l’évaporation pour piéger le CO₂ atmosphérique, ouvrant la voie à des solutions climatiques plus abordables et plus largement déployables.
Le principe repose sur des fibres de polypropylène plongées partiellement dans une solution d’hydroxyde de potassium. Le liquide remonte par capillarité, formant un film mince à la surface du matériau. L’air, en passant, provoque l’évaporation de l’eau, concentrant ainsi la solution. Le CO₂ présent dans l’air réagit alors avec cette solution concentrée, se transformant en carbonate solide, qui se dépose sur les fibres sous forme de cristaux blancs, rappelant l’apparence de bonbons au sucre.
Cette approche se distingue des systèmes de captage direct du carbone (CDC) conventionnels, qui nécessitent souvent des machines complexes, des ventilateurs puissants et des tours d’absorption énergivores. La technique torontoise, elle, exploite le vent naturel pour assurer la circulation de l’air, réduisant considérablement la consommation électrique et les coûts d’exploitation. De plus, la capture du carbone sous forme solide simplifie le processus de récupération et de régénération du réactif.
Selon les analyses économiques préliminaires, le coût d’investissement pour ce type de système pourrait être réduit jusqu’à 40 %. Une diminution significative qui pourrait rendre le captage du CO₂ accessible à un plus grand nombre d’acteurs, au-delà des grandes entreprises et des États.
Cependant, le système n’est pas sans défis. L’efficacité de l’évaporation est fortement influencée par l’humidité ambiante. Dans les climats très humides, la performance pourrait être compromise. De plus, la durabilité des matériaux et la stabilité du processus doivent être évaluées sur le long terme et dans des conditions réelles, en dehors du cadre contrôlé du laboratoire.
Pour répondre à ces questions, l’équipe de recherche travaille actuellement au développement d’une usine pilote. Cette étape cruciale permettra de mesurer la viabilité industrielle de la technique et d’évaluer son potentiel d’adaptation à différents environnements.
Au-delà de son efficacité économique, cette approche présente des avantages environnementaux non négligeables. La simplification technologique se traduit par une empreinte environnementale réduite dans la construction et l’exploitation des systèmes, avec moins d’acier, moins d’énergie et moins de déchets. De plus, la compatibilité avec les énergies renouvelables favorise des schémas de captage distribués, à proximité des sources d’émission ou dans des zones isolées. Les défis environnementaux actuels et futurs exigent des solutions diversifiées et accessibles à tous.
La cristallisation évaporative du carbonate ne se présente pas comme une solution miracle, mais comme un complément précieux à l’ensemble des outils d’atténuation du changement climatique. En s’inspirant de processus naturels simples, elle démontre que l’innovation climatique ne passe pas nécessairement par une complexité technologique accrue. Parfois, l’observation de la nature peut offrir des réponses efficaces et durables.
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