Publié le 15 décembre 2025 à 16h52. Une nouvelle vague de grippe, alimentée par un variant plus contagieux du H3N2, frappe l’Europe et suscite l’inquiétude des autorités sanitaires, tandis que l’Argentine reste pour l’instant épargnée.
- La saison grippale actuelle en Europe a débuté plus tôt que d’habitude, avec une augmentation significative des hospitalisations.
- Le sous-variant K du H3N2, caractérisé par une transmissibilité accrue de 56 %, est à l’origine de cette recrudescence.
- L’Argentine n’a pour l’instant détecté aucun cas du variant K, mais les autorités renforcent la surveillance et anticipent une éventuelle arrivée.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) alerte sur une saison grippale particulièrement précoce et intense en Europe. Au Royaume-Uni, le National Health Service a constaté une hausse spectaculaire des hospitalisations liées à la grippe, passant de 1 717 à plus de 2 660 en une seule semaine, avec des projections atteignant jusqu’à 8 000 hospitalisations hebdomadaires. L’Espagne, l’Allemagne, la France et l’Italie connaissent également une forte augmentation des cas, dépassant les chiffres de l’année précédente.
Au cœur de cette situation se trouve le sous-variant K du virus H3N2, qui circule actuellement dans les pays de l’hémisphère nord. Selon l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), cette évolution génétique est un phénomène naturel observé dans les virus de la grippe saisonnière. Toutefois, ce variant présente une capacité de contagion supérieure de 56 % à celle des saisons précédentes, comme l’a souligné le médecin argentin Marta Cohen, basée en Angleterre :
« Cette mutation rend la reconnaissance immunitaire plus difficile, même chez les personnes déjà vaccinées ou ayant déjà été infectées, ce qui a accéléré la propagation du virus en Europe et mis la capacité hospitalière sous pression. »
Marta Cohen, médecin
Malgré cette transmissibilité accrue, l’OMS et les experts internationaux s’accordent à dire qu’il n’a pas été observé d’augmentation de la gravité des cas cliniques individuels. L’impact sanitaire réside principalement dans le grand nombre d’infections et la diminution de l’immunité de la population, après plusieurs années de faible circulation du virus.
Pour l’heure, l’Argentine n’a enregistré aucun cas ni circulation du variant K du H3N2. Les autorités nationales n’ont pas émis de recommandations particulières, mais certaines provinces ont renforcé la surveillance épidémiologique. À Cordoue, des mesures sont prises pour anticiper l’arrivée des vaccins pour la prochaine saison.
Le variant K a déjà franchi les frontières continentales. Au Mexique, l’Institut national des maladies respiratoires a confirmé le premier cas de ce nouveau variant, géré sans complications et en ambulatoire. À la fin de la semaine épidémiologique 49 de 2025, 16,2 % des infections grippales confirmées correspondaient au H3N2, avec un total de 154 cas recensés. Les autorités sanitaires mexicaines soulignent que les symptômes et la prise en charge clinique ne diffèrent pas de ceux de la grippe saisonnière, mais insistent sur l’importance de la vaccination, en particulier pour les groupes à risque.
Le Pérou a quant à lui décrété l’alerte épidémiologique nationale en raison du risque d’introduction et de propagation du variant K, dans un contexte de forte mobilité et de festivités de fin d’année. Le ministère de la Santé péruvien encourage la surveillance active, le diagnostic précoce et la vaccination, ainsi que des mesures préventives telles que le lavage fréquent des mains, le port du masque en cas de symptômes et la ventilation des locaux.
En Argentine, la Direction de l’Epidémiologie de Mendoza, Andrea Flaschi, a déclaré qu’il n’existe actuellement aucune preuve d’une plus grande gravité ou d’un risque accru pour le pays ou la province. Elle a précisé qu’aucune infection par le sous-variant K de la grippe A(H3N2) n’a été enregistrée en Argentine, mais que la surveillance épidémiologique est renforcée et coordonnée avec les organisations nationales et internationales. La population est invitée à respecter le calendrier vaccinal contre la grippe, la COVID-19 et le virus respiratoire syncytial, en particulier les personnes âgées, les personnes présentant des facteurs de risque, les femmes enceintes, les jeunes enfants et le personnel de santé, en plus des mesures de prévention habituelles.
Le principal risque pour l’Argentine réside dans une éventuelle pression sur le système de santé si le variant se propage et trouve des failles immunitaires, notamment chez les populations vulnérables. La capacité du H3N2 à muter rapidement pourrait accroître la transmission et réduire l’efficacité des vaccins.
L’Association Argentine de Médecine Respiratoire (AAMR) et l’OPS soulignent l’importance de maintenir une couverture vaccinale élevée dans les groupes à risque, car les données disponibles montrent que la protection contre les hospitalisations dues au H3N2 reste adéquate.
« Peu importe si vous avez reçu cinq vaccins contre la grippe : si le dernier remonte à 2022, ce n’est pas suffisant. »
Elena Obieta, Société argentine d’infectiologie
Les autorités rappellent l’importance de la vaccination contre la grippe, la COVID-19 et le virus respiratoire syncytial, afin de renforcer la protection des personnes les plus vulnérables. Elles recommandent également d’adopter des habitudes préventives quotidiennes, telles que le lavage fréquent des mains, l’aération des locaux et le port du masque en cas de symptômes.
En cas de symptômes tels que fièvre, toux ou malaise, il est essentiel d’éviter les activités professionnelles ou scolaires et de consulter un médecin. Pour les personnes voyageant ou revenant de pays où le H3N2 est activement en circulation, il est important de compléter le calendrier vaccinal et de surveiller l’apparition de signes tels qu’une forte fièvre, une toux sèche, un mal de gorge ou des difficultés respiratoires.
Une surveillance épidémiologique active et une vaccination en temps opportun seront déterminantes pour permettre à l’Argentine d’anticiper et d’atténuer l’impact potentiel de l’épidémie du variant K du H3N2. L’expérience de l’Europe et de l’Amérique du Nord montre que, même sans une plus grande gravité clinique, la combinaison d’une forte contagiosité et d’une immunité plus faible peut mettre à rude épreuve la capacité des hôpitaux.
Une préparation précoce et une coopération internationale sont essentielles pour réduire le fardeau de la maladie et protéger les populations les plus à risque.
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