Publié le 16 décembre 2025 à 14h00. L’obésité féline est un problème de santé publique croissant, et des chercheurs explorent désormais l’utilisation d’un médicament inspiré des traitements humains contre le diabète pour aider les chats à retrouver un poids sain.
L’image du chat agile et prédateur est bien ancrée dans nos esprits. Pourtant, la vie confortable que mènent aujourd’hui la plupart des félins domestiques, avec un accès facile à la nourriture et un manque d’activité physique, favorise le développement de l’obésité, un problème de santé potentiellement dangereux.
Selon une étude observationnelle menée par des vétérinaires aux États-Unis, jusqu’à la moitié des animaux de compagnie souffrent de surpoids dans certaines populations. Face à cette tendance, des laboratoires pharmaceutiques se penchent sur des solutions pour faciliter la perte de poids chez les animaux, s’inspirant notamment du succès des médicaments analogues du GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1), dont le célèbre Ozempic, utilisé chez l’humain.
Le principe repose sur le mécanisme de satiété, qui est très conservé chez les mammifères. Des chercheurs ont ainsi développé un médicament, appelé OKV-119, qui est implanté sous la peau du chat et libère progressivement de l’exénatide, une hormone agissant de manière similaire à l’Ozempic. Pour mieux comprendre l’intérêt et les implications de cette approche, National Geographic a interrogé Mary Granero Fernández, experte en éthologie et auteure du livre « Ce que la science sait de votre chat ».
L’Ozempic, explique-t-elle, imite l’action du GLP-1, une hormone qui stimule la production d’insuline après un repas, ce qui permet de réguler la glycémie. De plus, le GLP-1 ralentit la digestion et augmente la sensation de satiété, aidant ainsi à contrôler l’appétit. L’OKV-119 fonctionne sur le même principe, mais l’exénatide est libéré en continu grâce à l’implant sous-cutané.
Des études préliminaires ont montré que l’exénatide se diffuse lentement dans le sang de l’animal, et que ses effets commencent à se faire sentir lorsque sa concentration atteint entre 1,5 ng et 4 ng par millilitre de plasma. Sur cinq chats testés pour la sécurité du dispositif OKV-119, quatre ont réduit leur consommation alimentaire et ont perdu jusqu’à 5 % de leur poids en 112 jours. Aucune effets secondaires notables n’ont été observés pendant les 84 jours où l’implant a libéré de l’exénatide.
Les chercheurs ont maintenant lancé la phase suivante de leurs recherches, baptisée MEOW-1 (Management of Excess Weight in Cats with OKV-119, ou Gestion du surpoids chez les chats avec OKV-119), qui consiste à tester le médicament sur un plus grand nombre de chats. L’objectif est de commercialiser, à terme, un dispositif capable de libérer de l’exénatide pendant six mois, afin de réduire l’appétit et le poids des animaux.
Cependant, Mary Granero souligne qu’il est essentiel de modifier les habitudes de vie des animaux.
« Les seuls animaux qui grossissent sont ceux qui dépendent des humains »,
Mary Granero, experte en éthologie
que ce soit en captivité ou en tant qu’animaux domestiques. « Lorsqu’un animal n’est pas dans la nature, il n’a aucune action à faire pour survivre. Dans le cas des chats, ils n’ont pas à chasser, à grimper, à protéger leur territoire… Ils n’ont rien à faire dans leur maison. Il est donc très facile de tomber dans la sédentarité, que ce soit un chat ou un humain. »


L’éthologue Mary Granero, connue en ligne sous le nom de Wild Behaviour, partage des informations sur le comportement animal, en particulier celui des animaux de compagnie.
L’ennui est également un facteur important.
« Quand nous nous ennuyons, nous allons à la cuisine et mangeons parce que nous n’avons pas grand-chose d’autre à faire. »
Mary Granero, experte en éthologie
Mary Granero recommande d’utiliser des distributeurs de nourriture qui obligent les animaux à travailler pour obtenir leur repas, et d’enrichir leur environnement en leur offrant des espaces pour grimper, se cacher et jouer.
Concernant l’OKV-119, Mary Granero estime qu’il peut être un outil utile dans certains cas, mais qu’il est souvent possible de prévenir l’obésité chez les chats en modifiant simplement leur alimentation et en augmentant leur activité physique. Le médicament peut donc être une solution efficace pour contrôler l’appétit, mais il est essentiel de rééduquer le chat et ses propriétaires pour adopter des habitudes plus saines. En fin de compte, la meilleure preuve d’amour que l’on puisse offrir à un animal de compagnie est de veiller à sa santé.
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