Publié le 16 décembre 2025 à 22h12. Une étude scientifique révèle que l’intimité sexuelle, combinée à l’ocytocine, pourrait accélérer la cicatrisation des plaies en réduisant le stress et en améliorant le fonctionnement du système immunitaire.
- L’étude a démontré que l’ocytocine administrée par voie nasale, associée à des moments d’affection et d’intimité, favorise une guérison plus rapide des petites blessures cutanées.
- Les interactions positives au sein du couple, notamment l’activité sexuelle et les contacts physiques affectueux, semblent jouer un rôle clé dans ce processus.
- Les chercheurs suggèrent que ces résultats pourraient ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques intégrant la dynamique relationnelle et la modulation hormonale pour améliorer la santé et la récupération après une maladie.
Des scientifiques de l’Université des Andes, au Chili, et de l’Institut de psychologie de l’Université de Zurich, en Suisse, ont mené une étude sur l’impact de l’ocytocine et de l’intimité sur la cicatrisation des plaies. L’étude, publiée dans le journal JAMA Psychiatrie, s’appuie sur l’observation que les interactions positives entre partenaires sont généralement bénéfiques pour la santé.
Pour leur recherche, les scientifiques ont créé de petites ampoules sur les mains de 80 jeunes couples hétérosexuels. Les participants ont ensuite été répartis aléatoirement en quatre groupes. Un premier groupe a reçu une pulvérisation nasale d’ocytocine et a participé à un exercice d’appréciation mutuelle (TAP) de dix minutes, consistant en une séance d’expression de sentiments positifs envers son partenaire. Un second groupe a également reçu de l’ocytocine, mais a simplement eu une conversation générale de dix minutes. Le troisième groupe a reçu un placebo nasal et a participé à l’exercice TAP, tandis que le quatrième groupe a reçu le placebo sans aucune tâche spécifique.
En parallèle, tous les groupes ont reçu une pulvérisation nasale à utiliser quotidiennement à domicile, et ont été invités à poursuivre les conversations assignées – soit l’exercice d’appréciation mutuelle, soit une conversation générale. Pendant une semaine, les participants ont également répondu à des questionnaires quotidiens sur leur niveau de stress et leurs interactions, incluant les contacts physiques affectueux et les rapports sexuels.
Les résultats ont révélé que les plaies guérissaient plus rapidement chez les couples ayant reçu de l’ocytocine et rapportant une fréquence plus élevée d’activité sexuelle et de contacts physiques affectueux. L’étude précise que l’ocytocine seule, ou l’exercice TAP seul, n’ont pas eu d’effet significatif sur la cicatrisation. C’est la combinaison des deux qui a produit les meilleurs résultats.
« L’ocytocine seule ne favorisait pas la cicatrisation des plaies ni l’intervention comportementale. Cependant, lorsqu’elle était combinée avec le TAP ou l’intimité quotidienne (avec des effets plus robustes), l’ocytocine était associée à une récupération plus rapide. »
Chercheurs de l’Université des Andes et de l’Université de Zurich
Les chercheurs soulignent que les interactions positives de couple et l’ocytocine sont associées à une amélioration du fonctionnement immunitaire, ce qui pourrait expliquer une cicatrisation plus efficace grâce à la réduction des niveaux de cortisol et à la modulation des facteurs immunologiques. Ils ont également observé que l’intimité physique tend à diminuer le stress et le cortisol, et que la relaxation favorise les contacts physiques et l’activité sexuelle.
Ils ajoutent que ces résultats suggèrent que l’intimité physique est plus susceptible de se produire dans un état de détente, soulignant la nécessité de recherches supplémentaires sur l’influence du stress sur l’intimité, en tenant compte des différences individuelles en matière de sécurité affective. Ils estiment que ces découvertes pourraient ouvrir la voie à de futures interventions intégrant la dynamique relationnelle et la modulation neurohormonale pour améliorer la santé et la récupération après une maladie.
L’étude n’a pas analysé l’association entre la cicatrisation des plaies et la satisfaction globale des patients, bien que le niveau de satisfaction ait été jugé « relativement élevé » dans l’échantillon étudié. Luisa V. Lopes avait déjà exploré les liens entre l’amour et la neurobiologie dans une interview précédente.
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