Publié le 18 décembre 2025 à 17h54. Les virologues s’attendent à une épidémie de grippe dans les semaines à venir, après une augmentation du nombre de cas observée dans d’autres pays européens, notamment au Royaume-Uni. Les autorités sanitaires néerlandaises encouragent la vaccination, particulièrement pour les personnes âgées et celles souffrant de pathologies préexistantes.
- Une épidémie de grippe est anticipée aux Pays-Bas, suite à une hausse des infections au Royaume-Uni et ailleurs en Europe.
- La variante H3N2, actuellement en circulation en Angleterre, tend à provoquer des symptômes plus sévères que le H1N1.
- Le taux de vaccination contre la grippe est en baisse aux Pays-Bas, avec environ quatre millions de personnes vaccinées sur six millions d’éligibles.
Les virologues néerlandais suivent de près l’évolution de la situation épidémiologique, après une période de quasi-absence de grippe durant les confinements liés à la pandémie de Covid-19. Selon Ted van Essen, président de la Fondation néerlandaise pour la vaccination, il ne s’agit que d’une question de temps avant que la grippe ne se propage également aux Pays-Bas.
« La grippe ne s’arrête pas à la Manche. Le nombre de cas est encore limité ici, mais il est en augmentation. »
Ted van Essen, président de la Fondation néerlandaise pour la vaccination
Cette augmentation est confirmée par les chiffres de Nivel, l’institut néerlandais de santé publique, qui recense les cas de grippe signalés par les médecins généralistes. La semaine dernière, 40 personnes sur 100 000 ont présenté des symptômes grippaux. Le seuil épidémique est franchi lorsque ce chiffre dépasse 46 sur 100 000 pendant deux semaines consécutives.
Deux souches principales de grippe circulent généralement dans le monde : le H1N1, également connu sous le nom de grippe mexicaine, et le H3N2. Ces deux souches alternent en prédominance. La souche H3N2, actuellement en circulation en Angleterre, est associée à des symptômes plus marqués, selon M. van Essen. Les patients présentent plus fréquemment de la fièvre, ainsi qu’une toux et un écoulement nasal plus importants. Bien que les symptômes puissent évoquer un simple rhume, ils sont généralement plus intenses.
La gravité de l’infection varie considérablement d’une personne à l’autre. « Chez certaines personnes, l’infection est bénigne, tandis que d’autres tombent gravement malades, voire décèdent », explique M. van Essen. Les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques sont particulièrement vulnérables aux complications et à une hospitalisation.
La dernière vague grippale importante aux Pays-Bas remonte à 2018, avec environ 900 000 personnes infectées et environ 9 000 décès. Une nouvelle épidémie pourrait également exercer une pression sur les hôpitaux. « Habituellement, le nombre d’hospitalisations est dix fois plus élevé », précise M. van Essen. « Si la situation était comparable à celle de 2018, cela représenterait environ 90 000 hospitalisations. Dans ce cas, certains hôpitaux pourraient être contraints de refuser des patients faute de places disponibles. »
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la vague de grippe européenne a débuté quatre semaines plus tôt que d’habitude cette saison. Alors que le pic d’infections se situait traditionnellement en janvier ou février, on observe actuellement une augmentation des cas dès le mois de décembre. Cette précocité souligne l’importance d’une vaccination rapide. Le vaccin antigrippal est recommandé en novembre, car il faut environ deux semaines pour développer une protection optimale.
Le vaccin offre une protection d’environ 35 % contre la maladie et de 40 % contre l’hospitalisation. « Cela peut sembler limité », reconnaît M. van Essen, « mais compte tenu du grand nombre de personnes infectées, cela permet d’éviter de nombreux cas graves. »
Le taux de vaccination est cependant en baisse. Environ quatre millions de personnes ont été vaccinées cette année, alors que six millions sont éligibles. Cette tendance est particulièrement préoccupante chez les personnes âgées, car les personnes atteintes de la grippe présentent un risque six fois plus élevé de crise cardiaque, selon M. van Essen.
En cas de symptômes de rhume ou de grippe, il est conseillé de faire preuve de prudence et d’éviter tout contact avec les personnes vulnérables. « Le virus peut être légèrement plus contagieux et rendre les gens un peu plus malades », explique M. van Essen. « Mais le vaccin fonctionne aussi bien que les autres années. »
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