Publié le 19 décembre 2025 à 16h01. Des changements de personnalité subtils, tels qu’une anxiété accrue ou un manque d’affection, pourraient être des signaux d’alerte précoces de la démence, selon une étude de l’University College London.
- Plus de 310 000 personnes sont actuellement atteintes de démence aux Pays-Bas.
- Des symptômes dépressifs spécifiques à l’âge moyen augmentent d’au moins 50 % le risque de développer une démence plus tard dans la vie.
- Six changements de personnalité ont été identifiés comme particulièrement révélateurs.
La démence, un trouble cérébral en constante progression, touche aujourd’hui un nombre croissant de personnes. Aux Pays-Bas, on estime à 310 000 le nombre de personnes concernées, confrontées à des difficultés de mémoire et de langage. Cependant, au-delà de ces symptômes classiques, des chercheurs mettent en lumière l’importance de surveiller certains changements de comportement qui pourraient précéder l’apparition de la maladie.
Une étude menée par des scientifiques de l’University College London (UCL) révèle un lien significatif entre certains symptômes dépressifs manifestés à l’âge moyen et un risque accru de démence. L’étude, qui a suivi plus de 5 000 adultes âgés de 45 à 69 ans (avec un âge moyen de 55 ans) pendant plus de vingt ans, a démontré que les personnes présentant des symptômes spécifiques étaient au moins 50 % plus susceptibles de développer une démence.
Les chercheurs ont identifié six changements de personnalité particulièrement alarmants :
- Une anxiété croissante ;
- Des difficultés de concentration ;
- Une incapacité à faire face aux problèmes ;
- Un manque de chaleur ou d’affection envers les autres ;
- Une perte de confiance en soi ;
- Un sentiment d’insatisfaction quant à la manière dont les tâches quotidiennes sont accomplies.
Les résultats de l’étude, basée sur un suivi de 23 ans, indiquent que les participants ayant signalé au moins cinq de ces six symptômes dépressifs présentaient un risque 27 % plus élevé de développer une démence. Plus précisément, ceux qui ont exprimé une perte de confiance en eux à un âge mûr ont vu leur risque augmenter de 51 %. L’incapacité à faire face aux problèmes était associée à un risque 49 % plus élevé, tandis qu’un manque d’affection pour autrui augmentait le risque de 44 %. L’anxiété et la tension nerveuse multipliaient le risque par trois, soit une augmentation de 34 %. Enfin, l’insatisfaction face à l’exécution des tâches quotidiennes était liée à une augmentation de 33 % du risque, et les difficultés de concentration à une augmentation de 29 %.
« Nos résultats montrent que le risque de démence est associé à un ensemble spécifique de symptômes dépressifs, plutôt qu’à la dépression en général », explique l’équipe de recherche. « Cette approche axée sur les symptômes nous donne une image beaucoup plus claire des personnes potentiellement vulnérables, des décennies avant l’apparition de la démence. Être attentif à ces schémas pourrait ouvrir de nouvelles voies pour la prévention précoce. »
Bien qu’il n’existe pas encore de remède à la démence, les chercheurs espèrent que ces découvertes permettront aux médecins d’identifier plus tôt les personnes à risque et de les encourager à adopter des changements de mode de vie susceptibles de ralentir la progression de la maladie. Il est bien établi que la dépression est fréquente chez les personnes atteintes de démence, mais cette étude est l’une des premières à suivre l’évolution de symptômes psychologiques spécifiques sur une longue période afin d’évaluer leur lien avec la maladie.
Pour en savoir plus sur les facteurs de risque liés à la démence, vous pouvez consulter cet article.
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