Home SantéL’IRM structurée du corps entier met en évidence les changements cliniquement pertinents dans le myélome multiple récidivant/réfractaire

L’IRM structurée du corps entier met en évidence les changements cliniquement pertinents dans le myélome multiple récidivant/réfractaire

by Sophie Martin

Publié le 2025-12-22 11:09:00. Une nouvelle étude basée sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM) révèle des différences significatives dans la répartition de la maladie chez les patients atteints de myélome multiple en rechute ou réfractaire (RRMM) par rapport à ceux atteints de myélome multiple de novo (NDMM), avec des implications potentielles pour le pronostic et le traitement.

  • Les patients RRMM présentent une charge tumorale globale similaire à celle des patients NDMM, mais avec une répartition différente de la maladie dans le squelette.
  • L’infiltration diffuse de la moelle osseuse est nettement moins fréquente chez les patients RRMM, tandis que les lésions extra- et paramédullaires sont plus courantes.
  • La présence de lésions extra- et paramédullaires est un facteur pronostique défavorable important chez les patients RRMM.

Des chercheurs ont analysé les données d’IRM de 47 patients atteints de myélome multiple en rechute ou réfractaire (RRMM) et de 82 patients atteints de myélome multiple de novo (NDMM). Après exclusion des patients présentant des contre-indications à l’IRM, l’étude a porté sur 46 patients RRMM et 68 patients NDMM. Les caractéristiques démographiques, les paramètres biologiques et le statut de risque des patients ont été comparés entre les deux groupes. Les résultats, présentés dans les tableaux 1 et tableaux 2, ont révélé que les patients RRMM étaient légèrement plus jeunes au moment du diagnostic initial (56 ans contre 63 ans, p = 0,003), mais que les autres caractéristiques cliniques et biologiques étaient globalement comparables.

L’étude a évalué la charge de morbidité tumorale à l’aide des scores MY-RADS et KIM, ainsi que la contribution de différentes régions squelettiques (colonne cervicale, colonne thoracique, colonne lombaire, bassin, os longs, crâne et thorax). Les scores MY-RADS et KIM se sont avérés fortement corrélés (R = 0,60–0,98, tous p < 0,001, voir figure supplémentaire 1). Aucune différence significative n’a été observée dans la charge tumorale globale entre les patients RRMM et NDMM (score MY-RADS moyen de 22,1 contre 23,7, p = 0,64 ; score KIM moyen de 4,6 contre 4,5, p = 0,99, voir figure 2d, e). Cependant, des différences subtiles ont été observées dans la répartition de la maladie : le crâne et la colonne cervicale contribuaient davantage à la charge tumorale chez les patients NDMM (crâne : 8,2 % contre 4,1 %, p < 0,001 ; colonne cervicale : 9,7 % contre 7,2 %, p < 0,01), tandis que le thorax contribuait davantage chez les patients RRMM (26,3 % contre 16,2 %, p < 0,001, voir figure 2e).

Une analyse plus approfondie a révélé que l’infiltration diffuse de la moelle osseuse était significativement moins fréquente chez les patients RRMM (score diffus MY-RADS moyen de 2,0 contre 6,3 chez les NDMM, p < 0,001 ; score KIM moyen de 1,7 contre 2,4, p < 0,001). Dans 41 % des cas de RRMM, aucune infiltration diffuse n'a été observée, contre 91 % dans le groupe NDMM (p < 0,001). Cette observation est cohérente avec des niveaux plus faibles de plasmocytes dans la moelle osseuse au niveau de la crête iliaque (voir tableau 1), et souligne l’importance de ne pas se fier uniquement aux biopsies de la crête iliaque pour évaluer l’étendue de la maladie chez les patients en rechute.

En revanche, les lésions extra- et paramédullaires étaient plus fréquentes chez les patients RRMM (59 % contre 29 % chez les NDMM, p < 0,01). L'incidence et l'étendue de ces lésions étaient significativement plus élevées dans toutes les régions du squelette, à l'exception du crâne (voir figure 3d-f). Ces résultats suggèrent un changement dans le comportement de la maladie, passant d’une infiltration diffuse à une croissance préférentielle en dehors de la moelle osseuse.

L’analyse de survie a montré que des scores MY-RADS et KIM plus élevés étaient associés à une survie sans progression (SSP) et une survie globale (SG) plus courtes (p < 0,01, voir figure 4a-d). Plus précisément, les patients RRMM présentant une maladie extramédullaire avaient une SSP et une SG médianes de seulement 1,87 mois et 3,87 mois, respectivement (voir figure 4e, f). Une analyse multivariée a confirmé que la maladie extramédullaire était un facteur de risque indépendant de mauvais pronostic, ainsi que la charge tumorale globale évaluée par les scores MY-RADS et KIM (voir figure 5a-d).

Ces résultats soulignent l’importance de l’évaluation de l’étendue de la maladie, y compris des lésions extra- et paramédullaires, chez les patients RRMM, et suggèrent que ces lésions pourraient être une cible thérapeutique importante.

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