Publié le 23 décembre 2025 à 15h15. L’essor de l’intelligence artificielle générative comme ChatGPT et Gemini bouleverse le monde de l’éducation, forçant les établissements scolaires à repenser leurs méthodes d’évaluation et à se concentrer sur le développement de compétences adaptées à cette nouvelle ère.
- L’utilisation de l’IA générative par les étudiants pour réaliser des travaux et passer des examens suscite une vive controverse.
- Certaines écoles sanctionnent sévèrement l’utilisation de l’IA, tandis que d’autres prônent une approche plus pédagogique.
- Un nouveau modèle d’évaluation, axé sur la capacité à formuler des requêtes pertinentes et à analyser les résultats, émerge comme une solution prometteuse.
La prolifération des outils d’intelligence artificielle générative, tels que ChatGPT et Google Gemini, a mis en lumière une faille béante dans le système éducatif : la capacité à évaluer les connaissances des étudiants de manière fiable. De nombreux cas ont été recensés où des élèves ont été pris en flagrant délit d’utilisation de ces outils pour rédiger leurs réponses aux examens en ligne ou réaliser leurs devoirs. Face à cette situation, certaines écoles ont opté pour des mesures radicales, allant de la notation sur zéro pour toute utilisation non autorisée à la mise en place de logiciels de détection de contenu généré par l’IA, communément appelés « tueurs de GPT », et à l’organisation d’épreuves en présentiel sous surveillance stricte.
Cependant, une autre approche, plus nuancée, commence à gagner du terrain. Selon Yena Choi, journaliste spécialisée dans les questions politiques et sociales, il est illusoire de vouloir ignorer l’IA générative, qui est désormais omniprésente dans notre société. « Nous vivons à une époque où il est impossible de se passer de l’IA générative », explique-t-elle. Elle souligne également le potentiel de cette technologie dans de nombreux domaines et rappelle que le gouvernement encourage activement son enseignement à tous les niveaux, en intégrant même des matières d’IA obligatoires dans les cursus universitaires et en créant des filières de convergence autour de cette discipline.
Pour certains enseignants, comme un professeur d’université de la région métropolitaine qui souhaite rester anonyme, il est temps de considérer l’utilisation de l’IA non pas comme une tricherie, mais comme une opportunité de repenser les méthodes pédagogiques. Ce professeur a mis en place un système d’évaluation innovant, basé sur des projets de recherche en plusieurs étapes. Les étudiants doivent d’abord choisir un sujet, puis élaborer une méthodologie de recherche qu’ils soumettent à l’approbation de l’enseignant. Ils sont ensuite encouragés à utiliser toutes les sources disponibles, y compris la littérature scientifique, les articles de presse et les outils d’IA générative, pour justifier leur choix et étayer leurs arguments. Après avoir soumis un projet de rapport, ils doivent le compléter en intégrant des données, en exploitant l’IA et en participant à des discussions en petits groupes. Le rapport final doit expliquer en quoi il diffère du projet initial et pourquoi certaines pistes n’ont pas été explorées au départ. L’utilisation de l’IA doit être documentée, en précisant le contenu des requêtes formulées et la durée de la recherche.
Enfin, le rapport est présenté oralement devant l’ensemble de la classe, ce qui permet d’évaluer la compréhension et l’appropriation du sujet par l’étudiant. « Ce serait un problème non seulement pour un ou deux étudiants, mais c’est génial. Les étudiants ne donnent-ils pas des évaluations négatives lors des évaluations des cours ? », s’interroge le professeur. Il ajoute que, lorsqu’il explique clairement ce nouveau mode d’évaluation en début de semestre, certains étudiants réticents finissent par adhérer à la démarche, considérant qu’elle favorise un apprentissage plus authentique et qu’elle est plus juste que les méthodes traditionnelles.
L’IA pourrait ainsi permettre de résoudre certains problèmes chroniques du système éducatif coréen, souvent critiqué pour son approche trop axée sur la mémorisation et le bachotage. En encourageant les étudiants à développer leur esprit critique, leur créativité et leur capacité à poser les bonnes questions, l’IA pourrait contribuer à former une nouvelle génération de talents, mieux préparés à relever les défis du XXIe siècle. Plutôt que de sanctionner l’utilisation de l’IA, il serait donc plus judicieux de renforcer l’éducation à l’éthique et de se concentrer sur le développement de compétences essentielles, telles que la capacité à formuler des requêtes pertinentes, à analyser les résultats et à créer du contenu original à partir des informations fournies par l’IA.
Yena Choi, journaliste politique et société [email protected]
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