L’explosion des coûts de l’assurance santé en Corée du Sud est en partie imputée à une pratique de plus en plus contestée : la thérapie manuelle. Souvent prescrite au-delà des spécialités traditionnelles comme l’orthopédie, elle représente désormais près de la moitié des dépenses non remboursées par l’assurance.
Selon le secteur de l’assurance, les primes de l’assurance perte réelle devraient augmenter de manière significative l’année prochaine : +20 % pour les contrats de 4e génération, +16 % pour les contrats de 3e génération, +5 % pour les contrats de 2e génération et +3 % pour les contrats de 1re génération. L’augmentation moyenne globale des coûts réels de l’assurance s’élève à environ 7,8 %, un chiffre légèrement inférieur aux 9,0 % enregistrés en moyenne sur les cinq dernières années, mais qui pèsera néanmoins lourdement sur les assurés.
La thérapie manuelle, qui englobe des techniques telles que le massage, la relaxation articulaire et la rééducation neuromusculaire, est de plus en plus remise en question pour ses pratiques parfois excessives et son potentiel de fraude à l’assurance. Au troisième trimestre de cette année, les cinq principales compagnies d’assurance non-vie (Samsung Fire & Marine Insurance, DB Insurance, Hyundai Marine & Fire Insurance, KB Insurance et Meritz Fire & Marine Insurance) ont déboursé 4 841,9 milliards de wons (environ 3,6 milliards d’euros) en paiements d’assurance perte réelle, soit une augmentation de 11,8 % par rapport à la même période l’année précédente. 57,1 % de ces paiements concernent des prestations non couvertes.
L’analyse des 10 traitements médicaux présentant la plus forte proportion de frais non remboursés en septembre dernier révèle une prédominance de la médecine du travail et de l’environnement (79 %), suivie de la médecine préventive (78,9 %), de l’orthopédie (70,4 %), de la médecine familiale (71 %), de la neurochirurgie (69,6 %) et de l’anesthésiologie et de la médecine de la douleur (68,8 %). Les hôpitaux de médecine orientale (61,3 %) et les services de pédiatrie (64 %) affichent également des taux élevés de non-remboursement.
L’orthopédie se distingue particulièrement, avec 1 331,9 milliards de wons (environ 990 millions d’euros) versés en assurance perte réelle au troisième trimestre, soit une augmentation de 11,5 % sur un an. La part des primes d’assurance sinistres réelles non indemnisées en orthopédie représente 27,5 % de tous les éléments de traitement médical.
En combinant l’orthopédie, la neurochirurgie et l’anesthésiologie, les frais non remboursés atteignent 1 927,7 milliards de wons (environ 1,4 milliards d’euros), soit près de 40 % du total des 29 services médicaux analysés. La thérapie manuelle et la thérapie extracorporelle par ondes de choc sont les traitements les plus souvent non remboursés dans ces spécialités.
Le problème, soulignent les assureurs, est que la thérapie manuelle est désormais proposée dans des domaines où elle est moins justifiée, comme la médecine familiale, la médecine du travail et de l’environnement, et la médecine orientale. Dans les hôpitaux de médecine orientale, la thérapie manuelle et la thérapie par ondes externes et internes sont les traitements non remboursés les plus courants. Dans les cabinets de médecine familiale et de médecine du travail, on observe une forte demande pour l’orthophonie et la thérapie manuelle.
Par ailleurs, les services d’obstétrique-gynécologie et d’urologie ont connu une augmentation spectaculaire des primes d’assurance non remboursées au cours de l’année écoulée. Les paiements non indemnisés en obstétrique-gynécologie ont bondi de 30,9 % pour atteindre 222,6 milliards de wons (environ 166 millions d’euros), tandis que ceux en urologie ont augmenté de 155,1 % pour atteindre 125,4 milliards de wons (environ 93 millions d’euros). Ces augmentations sont principalement liées à la chirurgie des nodules prostatiques, aux HIFU (High-Intensity Focused Ultrasound) et aux procédures mammouth.
Les cliniques, considérées comme des établissements de proximité, sont particulièrement pointées du doigt. À la fin de l’année dernière, elles représentaient 32,2 % des primes d’assurance perte réelle par établissement médical, contre 23,3 % pour les hôpitaux, 17,3 % pour les hôpitaux généraux et 14,0 % pour les hôpitaux universitaires. 66,1 % des soins non couverts sont dispensés dans ces établissements de proximité, contre seulement 21,3 % dans les hôpitaux généraux et universitaires.
Selon l’Institut coréen de recherche sur les assurances, les cinq principaux postes de dépenses en assurance perte réelle sont actuellement : la thérapie manuelle (1 385,8 milliards de wons, environ 1,03 milliard d’euros), les injections non couvertes (652,5 milliards de wons), les ondes de choc extracorporelles (511 milliards de wons), la chirurgie liée à la colonne vertébrale (276,8 milliards de wons) et le traitement de la prolifération (258,3 milliards de wons). La thérapie manuelle représente à elle seule 44,9 % du total des cinq principaux postes de dépenses.
Un autre point d’inquiétude est la grande disparité des prix pratiqués pour la thérapie manuelle, avec un prix moyen d’environ 100 000 wons (environ 74 euros), mais pouvant atteindre jusqu’à 300 000 wons (environ 224 euros) dans certains établissements.
« Il semble problématique que la thérapie manuelle soit souvent pratiquée non seulement en orthopédie et en neurochirurgie, mais également dans les hôpitaux de médecine familiale et de médecine orientale », a déclaré un responsable du secteur de l’assurance. « Le fait que la plupart des traitements non remboursés soient dispensés dans des hôpitaux et cliniques locaux plutôt que dans des établissements médicaux tertiaires suggère un surtraitement de traitements non essentiels. »
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