Les autorités turques ont déjoué un projet d’attentats de l’État islamique (EI) visant à perturber les célébrations de fin d’année à Istanbul et Ankara. Une vaste opération policière a mené à l’arrestation de 115 personnes soupçonnées d’être liées au groupe terroriste.
Selon le procureur général d’Istanbul, 137 mandats d’arrêt avaient été émis pour des individus impliqués dans la préparation d’attaques durant la période des fêtes. Les perquisitions, menées dans 124 adresses à Istanbul, ont permis d’appréhender 115 suspects, tandis que la recherche des 22 autres se poursuit.
La police a saisi des armes à feu, des munitions et des documents organisationnels lors de ces opérations. L’enquête a révélé que certains des individus arrêtés avaient déjà participé à des combats dans des zones de conflit et étaient recherchés pour des actes de terrorisme au niveau national et international.
L’EI avait émis un avertissement le 19 décembre, par l’intermédiaire du commandement de la gendarmerie provinciale d’Ankara, concernant la possibilité d’attaques à Ankara et Istanbul avant le Nouvel An. Le groupe envisageait des actions simultanées ciblant les centres commerciaux et les marchés publics, pouvant prendre la forme d’attaques armées, d’attentats suicides, de voitures piégées, de frappes de drones ou d’attaques au véhicule-bélier.
Parallèlement à cette opération, les autorités ont également démantelé un réseau de financement lié à l’EI. En début de semaine, des mandats d’arrêt avaient été émis contre 10 suspects dans le cadre d’une enquête sur la structure financière du groupe à Ankara.
L’enquête, menée par le Bureau d’enquête sur les crimes terroristes avec le soutien du Bureau d’enquête sur les crimes financiers et l’analyse des réseaux sociaux, a mis en lumière le fonctionnement de l’organisation. Les suspects sont accusés d’avoir transféré des fonds à des membres de l’EI et à leurs familles en Syrie, en utilisant des justifications telles que « un appel à l’unité », « l’expiation » ou « l’aide aux sœurs captives ».
La Turquie a déjà été la cible d’attaques meurtrières perpétrées par l’EI. Le 10 octobre 2015, un attentat suicide revendiqué par le groupe devant la gare d’Ankara avait fait au moins 102 morts et plus de 400 blessés, constituant l’attaque terroriste la plus sanglante de l’histoire du pays. Les procès liés à cet attentat sont toujours en cours.
Le 1er janvier 2017, un assaillant avait ouvert le feu dans la discothèque Reina à Istanbul pendant les célébrations du Nouvel An, tuant 39 personnes. De plus, des centaines de civils ont péri lors d’attaques de l’EI contre l’aéroport d’Atatürk, Suruç et Diyarbakır entre 2015 et 2017.
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