Publié le 26 décembre 2025 à 07h34. L’escalade des tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge ne serait plus une simple querelle territoriale, mais un enjeu géopolitique majeur, scruté par les États-Unis et la Chine. Un analyste militaire thaïlandais envisage quatre scénarios possibles pour une résolution du conflit.
- Le conflit frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge est désormais perçu comme un terrain d’affrontement indirect entre grandes puissances.
- Les États-Unis pourraient chercher à déstabiliser le régime cambodgien actuel et à le remplacer par un gouvernement plus favorable à leurs intérêts.
- Un tel scénario comporte le risque de déstabilisation intérieure du Cambodge, pouvant aller jusqu’à une guerre civile.
Le conflit persistant le long de la frontière thaïlandaise-cambodgienne a dépassé le stade d’un simple différend concernant des zones contestées ou des revendications nationalistes, selon le lieutenant-général Wanchana Sawasdee, porte-parole adjoint des Forces armées royales thaïlandaises (RTARF). Dans une publication sur Facebook le vendredi 20 décembre 2025, il a affirmé que la situation s’était transformée en une « sous-bataille » dans un jeu géopolitique plus vaste, attirant l’attention des États-Unis et de la Chine.
Sawasdee, se présentant comme un analyste de la sécurité, a exposé quatre scénarios potentiels de « fin de partie » à long terme, en tenant compte des intérêts de chaque acteur impliqué. Le premier de ces scénarios, qu’il qualifie de « rêve occidental », envisage un changement de régime à Phnom Penh.
Ce scénario consisterait pour les États-Unis et leurs alliés à favoriser un renversement du pouvoir en place, à démanteler l’influence de la famille Hun – au pouvoir depuis des décennies – et à soutenir un dirigeant plus libéral, tel que Sam Rainsy. Selon Sawasdee, cette approche s’inspirerait de précédents « changements de régime » orchestrés par les États-Unis en Irak ou en Libye. Il met en garde contre un dénouement potentiellement violent si l’actuel dirigeant cambodgien refusait de céder, citant les exemples de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi.
Le résultat de ce scénario, selon l’analyste thaïlandais, serait un alignement rapide du Cambodge sur les intérêts américains au sein de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), rompant ainsi avec l’influence croissante de la Chine. Cependant, il souligne que ce type d’intervention comporte un risque majeur : celui de provoquer des troubles intérieurs d’une ampleur comparable à une guerre civile.
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