Publié le 27 décembre 2025 23h15. Entre astrophysicienne de renom, directrice de musée et présidente d’une fondation dédiée à la protection du ciel nocturne, Antonia Varela reçoit le Prix Canaries 2024, une reconnaissance de son engagement pour l’astronomie et le développement d’un tourisme durable respectueux de l’environnement.
- Antonia Varela est lauréate du Prix Canaries 2024 et de la Médaille d’or.
- Elle dirige l’Institut d’Astrophysique des Îles Canaries, le Musée des Sciences et du Cosmos de Tenerife et la Fondation Starlight.
- La Fondation Starlight promeut la protection du ciel nocturne et l’astrotourisme comme levier de développement économique.
Antonia Varela cumule les responsabilités. Chercheuse à l’Institut d’Astrophysique des Îles Canaries (IAC), elle est également directrice du Musée des Sciences et du Cosmos de Tenerife et présidente de la Fondation Starlight. Cette dernière, créée suite à la première Conférence Internationale Starlight en 2007, œuvre pour la protection du ciel nocturne, la diffusion de l’astronomie et le développement d’un tourisme durable basé sur l’observation des étoiles, l’astrotourisme.
Pour Antonia Varela, la contemplation du ciel étoilé est bien plus qu’un simple plaisir esthétique.
« Prendre un apéritif sous les étoiles doit être merveilleux. C’est comme ça. De plus, c’est quelque chose d’exclusif, presque un luxe à notre époque où 83% de la population vit sous un ciel pollué : il y a peu d’endroits où l’on peut encore contempler un ciel étoilé, puisque l’utilisation abusive et inadéquate de l’éclairage extérieur a effacé la lumière des étoiles. »
Cette passion pour l’astronomie remonte à l’enfance. Elle se souvient d’un été passé à Tenerife où la lecture du livre « L’Univers » d’Isaac Asimov a déclenché une vocation. Elle est devenue la première docteure en astrophysique de l’Université de La Laguna, une réussite obtenue malgré les obstacles liés à la sous-représentation des femmes dans les sciences.
« Quand je me suis lancé dans la course, nous étions à peine à 10% et deux d’entre nous ont fini. Les stéréotypes donnaient l’impression que ces carrières étaient genrées, ce qui est complètement absurde, mais il existe encore une minorité de femmes dans les carrières scientifiques et technologiques. Ce nombre augmente, mais pas au rythme que nous souhaiterions. »
Elle souligne également la difficulté pour les femmes scientifiques de concilier vie professionnelle et familiale, plaidant pour des politiques favorisant la coresponsabilité.
La pollution lumineuse est une préoccupation majeure pour Antonia Varela, particulièrement pendant les fêtes de fin d’année. Elle appelle à une utilisation plus raisonnée de l’éclairage, en limitant sa durée et en privilégiant des couleurs chaudes et discrètes.
« Noël ne doit pas nécessairement durer deux mois, juste les jours de Noël. Il faut l’éteindre lorsqu’il n’y a plus assez de piétons, réguler les horaires d’éclairage et utiliser des couleurs adaptées et des lumières douces et chaudes. Les dommages que nous causons alors à la biodiversité sont déjà irréparables, mais nous devons essayer d’atténuer autant que possible cet effet néfaste. »
Au-delà de son impact sur la science, la protection du ciel nocturne est essentielle pour la culture, la biodiversité, la santé et l’environnement. C’est pourquoi la Fondation Starlight a développé un système de certification international pour l’astrotourisme, visant à valoriser les territoires ruraux menacés de dépeuplement.
« Augmentez les nuitées, décentralisez l’offre touristique et désaisonnalisez-la aussi, car vous avez le ciel toute l’année. De plus, c’est un puissant antidote au dépeuplement en créant un entrepreneuriat de qualité. »
Interrogée sur l’hypothèse de l’étoile de Bethléem, Antonia Varela rappelle que les mythes et l’histoire sont souvent liés à l’astronomie. Elle évoque la possibilité de phénomènes astronomiques tels que des comètes, des conjonctions planétaires ou des novas, tout en soulignant la dimension symbolique de cette étoile.
« Je pense que cela a toujours été un excellent exemple de la manière dont les mythes et l’histoire sont liés à l’astronomie et à l’astrophysique. D’un point de vue scientifique, une étoile n’est pas quelque chose qui bouge et s’arrête, elle n’a donc aucune signification en tant que telle. Mais il ne faut peut-être pas y voir un véritable phénomène astronomique, mais plutôt quelque chose de plus symbolique. »
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