Publié le 28 décembre 2025. L’année 2025 s’achève sur des avancées médicales notables, avec la mise au point de traitements innovants pour la ménopause, les allergies graves, la prévention du VIH et la médecine régénérative, grâce notamment aux progrès de l’intelligence artificielle.
- Un nouveau traitement non hormonal, l’élizanétant (commercialisé sous le nom de Lien), offre une alternative aux femmes ménopausées ne pouvant pas bénéficier d’une hormonothérapie.
- Un spray nasal d’épinéphrine, Neffy, a été approuvé pour le traitement d’urgence des réactions allergiques, évitant ainsi la nécessité d’une injection.
- Lénacapavir, un antirétroviral administré par injection tous les six mois, représente une nouvelle option de prévention du VIH, plus discrète et facile à suivre qu’un traitement quotidien.
L’année 2025 a été riche en découvertes et en innovations dans le domaine médical. Des recherches prometteuses en médecine régénérative, inspirées par la capacité de l’axolotl à régénérer ses membres, ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques. L’intelligence artificielle, quant à elle, s’impose comme un outil précieux pour le diagnostic et la personnalisation des traitements.
Traitement sans hormones pour la ménopause
La ménopause, qui survient lorsque les ovules s’épuisent et que les ovaires cessent de fonctionner, entraîne une diminution importante des œstrogènes, hormones produites principalement par ces derniers. Cette baisse hormonale est responsable de symptômes tels que les bouffées de chaleur. Traditionnellement, ces symptômes sont combattus par un traitement hormonal substitutif, mais celui-ci est contre-indiqué pour les femmes présentant certaines pathologies, notamment un cancer du sein ou de l’endomètre.
L’élizanétant est un médicament non hormonal qui agit en bloquant les substances chimiques du cerveau responsables des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes. Développé par Bayer, ce médicament, commercialisé sous la marque Lien, a été approuvé en octobre dernier par la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) et, plus récemment, par l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Spray d’épinéphrine
L’épinéphrine, également connue sous le nom d’adrénaline, est une hormone et un neurotransmetteur essentiel pour notre organisme. Elle joue un rôle crucial dans les situations d’urgence en activant les réponses physiologiques nécessaires à une réaction rapide. En médecine, elle est notamment utilisée pour traiter les réactions allergiques graves. Jusqu’à présent, l’administration de l’épinéphrine dans ces cas se faisait par injection, les personnes à risque portant souvent sur elles une auto-injecteur.
En août dernier, la FDA a donné son autorisation pour l’utilisation de Neffy, un spray nasal d’épinéphrine destiné au traitement d’urgence des réactions allergiques, y compris l’anaphylaxie, chez les adultes et les enfants pesant au moins 30 kilos.
« Cette approbation fournit le premier produit à base d’épinéphrine qui n’est pas administré par injection pour le traitement de l’anaphylaxie. L’anaphylaxie est potentiellement mortelle et certaines personnes, en particulier les enfants, peuvent retarder ou éviter le traitement par peur des injections »,
Kelly Pierre, directrice associée de la Division de pneumologie, d’allergie et de soins intensifs du Centre d’évaluation et de recherche sur les médicaments de la FDA.
Prévention du VIH
Avec seulement deux injections par an, le lénacapavir s’avère très efficace pour prévenir l’infection par le VIH. Initialement utilisé pour traiter les personnes atteintes du VIH ayant développé une résistance à d’autres antirétroviraux, ce médicament a récemment été approuvé par l’Agence européenne des médicaments et la FDA pour une utilisation préventive.
Il est recommandé aux personnes présentant un risque élevé d’infection, telles que les travailleuses du sexe ou les personnes ayant un partenaire séropositif. Bien qu’un traitement préventif contre le VIH existe déjà depuis quelques années, il nécessite la prise d’une pilule quotidienne. L’administration d’une injection tous les six mois offre des avantages significatifs en termes d’observance et de discrétion.
« Même si nous n’avons pas encore de vaccin contre le VIH, le lénacapavir est une très bonne option. Il s’agit d’un antirétroviral à action prolongée qui, selon les essais, prévient l’infection chez presque toutes les personnes à risque »,
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Régénération des tissus
Les recherches menées en 2025 sur l’axolotl ont permis de décrypter les mécanismes qui permettent à cet amphibien de régénérer ses membres et parties du corps perdus, suscitant de grands espoirs pour la médecine régénérative du futur.
Deux universités américaines, Harvard et Northeastern, ont mené des études sur cet animal et ont découvert différents mécanismes contribuant à la régénération. L’étude de l’Université Northeastern s’est concentrée sur l’acide rétinoïque et a révélé qu’il agissait comme un « GPS moléculaire » guidant les cellules pour reconstruire la structure correcte du membre perdu. En d’autres termes, l’acide rétinoïque indique aux cellules la position exacte qu’elles doivent occuper et le type de tissu qu’elles doivent former.
L’acide rétinoïque est également présent dans le corps humain, mais son action est beaucoup plus limitée chez l’homme. Ces résultats pourraient toutefois ouvrir la voie à de nouvelles thérapies régénératives prometteuses.
Intelligence artificielle
Les progrès de l’intelligence artificielle (IA) sont également remarquables. L’IA est désormais capable d’accomplir de nombreuses tâches dans le domaine de la santé, notamment l’analyse d’images médicales telles que les radiographies et les IRM pour détecter le cancer, la rétinopathie diabétique et la maladie d’Alzheimer avec une grande précision. Elle permet également d’identifier les signes prédictifs de maladies chroniques en analysant des données génétiques et cliniques.
L’IA se distingue particulièrement dans le domaine de la médecine personnalisée, car elle peut adapter les traitements au profil génétique et à l’historique de chaque patient, en plus de prédire la progression de la maladie et la réponse aux thérapies. Elle automatise également certaines tâches administratives, permettant aux professionnels de la santé de consacrer plus de temps aux soins des patients. Il est prévu que, dans les années à venir, l’intelligence artificielle continue de développer son potentiel en tant qu’outil d’aide à la décision médicale dans de nombreux domaines de la santé.