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Une étude révèle une grande variation dans les profils de résistance à la diarrhée du voyageur

Publié le 29 décembre 2023 19:20:00. Une étude internationale révèle une résistance croissante des bactéries responsables de la diarrhée du voyageur aux antibiotiques couramment prescrits, avec des variations significatives selon les régions du monde. Ces résultats soulignent la…

Une étude révèle une grande variation dans les profils de résistance à la diarrhée du voyageur

Publié le 29 décembre 2023 19:20:00. Une étude internationale révèle une résistance croissante des bactéries responsables de la diarrhée du voyageur aux antibiotiques couramment prescrits, avec des variations significatives selon les régions du monde. Ces résultats soulignent la nécessité d’adapter les traitements et de renforcer la surveillance des résistances aux antimicrobiens.

  • La résistance aux fluoroquinolones atteint 75% chez les cas de Campylobacter, une bactérie fréquente à l’origine de la diarrhée du voyageur.
  • Des taux élevés de résistance aux macrolides ont été observés chez Shigella, notamment en Amérique du Sud (78% des isolats).
  • L’étude met en évidence l’importance de réaliser des analyses de sensibilité aux antimicrobiens pour guider les traitements de la diarrhée du voyageur.

Une analyse rétrospective des données du réseau GeoSentinel, un réseau mondial de centres de médecine tropicale répartis sur six continents, a permis d’évaluer l’évolution de la sensibilité aux antimicrobiens des principales bactéries responsables de la diarrhée du voyageur (DT). Les chercheurs ont étudié les données collectées entre le 14 avril 2015 et le 19 décembre 2022, portant sur 859 cas confirmés par culture (âge médian de 30 ans, 51% d’hommes) provenant de 103 pays.

Les directives médicales actuelles recommandent l’utilisation de fluoroquinolones ou d’azithromycine (un antibiotique de la famille des macrolides) pour traiter les formes modérées à sévères de diarrhée du voyageur. Cependant, l’étude publiée dans JAMA Network Open souligne que les données sur la résistance aux antibiotiques chez les voyageurs internationaux étaient jusqu’à présent limitées à des études menées dans des centres uniques.

Les résultats de cette vaste étude révèlent des niveaux de résistance variables selon les agents pathogènes et les régions géographiques. Chez les patients infectés par Campylobacter, la non-sensibilité aux fluoroquinolones était de 75%, atteignant 88% en Asie centrale du Sud, 80% en Asie du Sud-Est et 60% en Afrique subsaharienne. La résistance aux macrolides était de 12% pour Campylobacter, mais montait à 24% des isolats en Asie centrale du Sud.

Concernant Shigella, la résistance aux macrolides atteignait 35% en moyenne, avec un pic de 78% des isolats en Amérique du Sud. Pour les infections à Salmonella non typhoïde, la résistance aux fluoroquinolones était de 32% et aux macrolides de 16%. Enfin, pour les souches diarrhéiques d’Escherichia coli, les taux de résistance étaient plus faibles, respectivement de 18% et 18%.

Dans 26 cas d’infections à Campylobacter, les bactéries se sont révélées résistantes à la fois aux fluoroquinolones et aux macrolides, ce qui complique considérablement les options thérapeutiques.

Les auteurs de l’étude insistent sur l’importance de ces données pour orienter les choix thérapeutiques.

« Nos résultats peuvent fournir des informations cruciales pour la sélection d’antibiotiques empiriques de secours pour l’autogestion de la DT et pour le traitement empirique de la diarrhée aiguë chez les voyageurs, par la médecine des voyages et les praticiens de soins de santé primaires »,

Auteurs de l’étude

Ils soulignent également la nécessité de renforcer la surveillance des résistances aux antimicrobiens et de réaliser des analyses de sensibilité systématiques pour adapter les traitements en fonction des schémas de résistance locaux.

Bactérie Campylobacter
Alissa Eckert / CDC

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.