Publié le 24 juillet 2024 14h30. La Malaisie exprime sa vive inquiétude face à l’augmentation du trafic de drogue en provenance de Thaïlande, pressant les autorités thaïlandaises d’intensifier leurs efforts de lutte contre ce fléau transfrontalier, notamment dans la région de Sungai Golok.
- Le trafic de méthamphétamine, d’héroïne et de kétamine constitue la principale menace le long de la frontière thaïlandaise.
- La configuration géographique de la frontière, notamment la rivière Golok, facilite les activités de contrebande.
- Les autorités thaïlandaises reconnaissent la gravité de la situation et promettent de renforcer les contrôles, tout en tenant compte des traditions locales.
La situation sécuritaire le long de la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie s’est considérablement détériorée ces dernières années, selon Phimon Chongrak, chef de la division de sécurité du conseil du district de Sungai Golok. Il a admis que le trafic de drogue dans sa région est devenu « très grave » au cours des quatre à cinq dernières années. Cette escalade a conduit la Malaisie à exprimer son inquiétude et à demander à la Thaïlande de redoubler d’efforts pour endiguer le flux de substances illicites.
« La Malaisie a commencé à perdre confiance en nous et a exhorté la partie thaïlandaise à intensifier ses efforts pour réprimer le trafic de drogue, puisque la Malaisie elle-même applique des mesures strictes contre ce trafic », a déclaré M. Chongrak à CNA.
La contrebande ne se limite pas aux drogues dures. Les autorités thaïlandaises sont également confrontées à la question des passages illégaux, des points de traversée naturels utilisés par les habitants de la région depuis des générations. Fermer complètement ces passages affecterait leurs moyens de subsistance et leur mode de vie, explique M. Chongrak. Les autorités thaïlandaises se disent donc disposées à faire preuve de compréhension, mais la lutte contre la drogue reste une priorité absolue.
« Nous avons demandé à la population locale de ne pas les cacher ou de les introduire clandestinement, par exemple dans des emballages de nouilles instantanées ou d’autres articles. Les problèmes de drogue sont quelque chose que le gouvernement prend très au sérieux. »
Phimon Chongrak, chef de la division de sécurité du conseil du district de Sungai Golok
Selon les autorités thaïlandaises, les drogues les plus fréquemment trafiquées de Thaïlande vers la Malaisie sont la méthamphétamine en cristaux, suivie de l’héroïne et de la kétamine. Le trafic ne se limite pas à la région de Sungai Golok. La partie ouest de la frontière, où le fleuve Golok laisse place aux collines et aux forêts denses séparant les États malaisiens de Kedah et Perlis des provinces thaïlandaises de Yala, Songkhla et Satun, est également utilisée par les passeurs.
Des médias locaux rapportent que les passeurs ont mis en place des itinéraires discrets pour éviter la détection, certains transportant des marchandises à travers des ouvertures dans les barrières frontalières ou par-dessus celles-ci. Yusoff, le chef de la police de Kelantan, a souligné en juillet que la rivière Golok rend la frontière entre Kelantan et la Thaïlande « extrêmement unique », en raison de la topographie plate et de la présence de zones résidentielles de part et d’autre du fleuve.
La proximité géographique entre Kelantan et la Thaïlande, séparés uniquement par l’étroit fleuve Golok, a fait de l’État malaisien un point de transit important pour la drogue et d’autres produits de contrebande.
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