Publié le 18 décembre 2025. Une nouvelle étude révèle que les personnes ayant des difficultés de traitement du langage après un accident vasculaire cérébral (AVC) ne perçoivent pas moins bien les sons, mais leur cerveau les intègre différemment, ce qui entrave leur compréhension.
- Les patients souffrant de troubles du langage après un AVC présentent une activité cérébrale plus faible lors du traitement des sons de la parole, sans ralentissement de la vitesse de traitement.
- En situation d’incertitude concernant les mots entendus, les personnes en bonne santé maintiennent plus longtemps l’attention sur les caractéristiques sonores que les patients ayant subi un AVC.
- Cette recherche pourrait ouvrir la voie à de nouveaux outils de diagnostic plus rapides et plus précis pour les troubles du langage.
Des chercheurs de l’Institut de neurosciences Wu Tsai et de la science des données de Stanford, ainsi que de la KU Leuven, ont comparé l’activité cérébrale de 39 patients ayant subi un AVC et de 24 personnes en bonne santé du même âge. L’objectif était de mieux comprendre les mécanismes cérébraux impliqués dans le traitement du langage et les modifications qui surviennent après un AVC.
L’étude, publiée dans le Journal des neurosciences, a consisté à enregistrer l’activité cérébrale des participants pendant qu’ils écoutaient une histoire. Les résultats ont montré que les patients ayant des difficultés de traitement de la parole ne traitaient pas les sons plus lentement que les participants témoins, mais l’intensité de leur activité cérébrale était significativement plus faible.
« Cela suggère que les personnes atteintes de ce trouble du langage peuvent entendre les sons aussi bien que les personnes en bonne santé, mais ont des difficultés à intégrer ces sons pour comprendre le langage. »
Laura Gwilliams, chercheuse à l’Institut de neurosciences Wu Tsai et à la science des données de Stanford et professeur adjoint à la Stanford School of Humanities and Sciences
L’étude a également révélé une différence notable dans la manière dont les participants réagissaient face à l’incertitude linguistique. Lorsque les mots prononcés étaient ambigus, les personnes en bonne santé maintenaient plus longtemps leur attention sur les caractéristiques sonores de la parole, tandis que les patients ayant subi un AVC ne le faisaient pas. Cela suggère que, suite à un AVC, les patients pourraient ne pas traiter les sons de la parole suffisamment longtemps pour déchiffrer les mots difficiles à identifier.
Jill Kries, première auteure de l’étude, se montre optimiste quant aux perspectives offertes par cette recherche :
« Nous sommes enthousiastes à l’idée d’explorer comment cette approche simple – écouter une histoire – peut être utilisée pour améliorer le diagnostic des conditions caractérisées par des problèmes de traitement du langage, qui nécessitent actuellement des heures de tests comportementaux. »
Jill Kries, première auteure de l’étude
Ces travaux mettent en lumière des schémas d’activité cérébrale qui pourraient s’avérer essentiels pour mieux comprendre les mécanismes de la compréhension du langage verbal. Référence de l’article original dans le Journal des neurosciences.
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