Mis à jour le 31 décembre 2025 à 14h23. Une nouvelle étude révèle que les muscles féminins et masculins métabolisent le sucre de manière fondamentalement différente, même avec une alimentation et un niveau d’activité physique identiques, ce qui a des implications importantes pour la gestion du poids et la prévention du diabète.
- Les muscles squelettiques jouent un rôle central dans la régulation de la glycémie en stockant le glucose après les repas.
- Les femmes et les hommes activent des mécanismes biologiques distincts pour améliorer l’absorption du sucre par les muscles, ce qui explique pourquoi certaines approches diététiques ou d’exercice fonctionnent mieux pour les uns que pour les autres.
- Deux protéines musculaires, Ehbp1l1 et Lmod1, semblent clés dans cette différence de réponse à l’insuline.
Pourquoi certaines personnes peinent à perdre du poids ou à contrôler leur glycémie alors qu’elles suivent un régime alimentaire équilibré et pratiquent une activité physique régulière ? La réponse pourrait résider dans le fonctionnement interne de leurs muscles. Une vaste étude menée par des chercheurs de l’Université du Michigan et de l’Université de Sydney, publiée dans le Journal of Gerontology: Biological Sciences, met en lumière des différences significatives entre les hommes et les femmes dans la manière dont leurs muscles réagissent à l’insuline.
Les muscles squelettiques sont les principaux réservoirs de sucre dans l’organisme. Après un repas, l’insuline permet au glucose de passer du sang vers les cellules musculaires. Si ce processus est efficace, la glycémie reste stable. En cas de dysfonctionnement, le risque de résistance à l’insuline, de diabète de type 2 et de complications à long terme augmente.
L’étude a examiné des rats âgés soumis à une restriction calorique pendant huit semaines. Chez les deux sexes, la réduction de l’apport énergétique a entraîné une amélioration de l’absorption du sucre par les muscles et une meilleure régulation de la glycémie. Cependant, les mécanismes sous-jacents à cette amélioration étaient fondamentalement différents. Environ 70 % des changements musculaires observés étaient spécifiques au sexe.
Chez les femelles, l’insuline elle-même semblait jouer un rôle prépondérant. Leurs muscles ont montré des adaptations significatives précisément au niveau des sites où l’insuline agit. En revanche, chez les mâles, la restriction calorique a principalement modifié les protéines liées à la structure musculaire, à la force et à la stabilité. En d’autres termes, tandis que les muscles féminins affinaient leur capacité à absorber le sucre, les muscles masculins se renforçaient et se restructuraient.
Le responsable de l’étude, Gregory Cartee, résume cette observation : « Même si le résultat final est similaire, les voies pour y parvenir sont différentes. Cela souligne l’importance de considérer les hommes et les femmes séparément dans la recherche, même si les deux sexes bénéficient en fin de compte de ces améliorations. »
Ces différences ne se limitent pas à la réponse à un régime hypocalorique. Une équipe de recherche de Helmholtz Munich a étudié l’impact du sexe biologique sur les processus moléculaires dans les muscles squelettiques chez des adultes en surpoids ayant suivi un programme d’entraînement d’endurance de huit semaines. Dès la première séance d’entraînement, des divergences sont apparues : les cellules musculaires des hommes ont réagi avec des signaux de stress plus intenses, tandis que celles des femmes ont activé davantage les protéines impliquées dans l’utilisation des graisses. Avec un entraînement régulier, le métabolisme du glucose et des graisses s’est amélioré chez les deux sexes, offrant une protection contre le diabète de type 2. Mais, encore une fois, des stratégies biologiques distinctes ont conduit à des bénéfices similaires pour la santé.
Les chercheurs ont identifié deux protéines musculaires clés, Ehbp1l1 et Lmod1, directement impliquées dans l’absorption du sucre par les cellules musculaires. Ehbp1l1 était active chez les deux sexes, mais son association avec une amélioration de la consommation de sucre était plus forte chez les femmes. Lmod1, quant à elle, joue un rôle important chez les deux sexes.
Ces découvertes ont des implications importantes pour la vie quotidienne :
- Un régime alimentaire unique ne convient pas à tous. Deux personnes peuvent consommer la même quantité de nourriture et avoir une alimentation tout aussi équilibrée, mais leur glycémie peut réagir différemment en raison de la réponse musculaire à l’insuline.
- Les femmes et les hommes atteignent les mêmes objectifs de différentes manières. Les deux peuvent améliorer leur glycémie grâce à la nutrition, mais le muscle fonctionne différemment : chez les femmes, il réagit plus fortement à l’insuline, tandis que chez les hommes, il est plus susceptible de changer de structure et de fonction.
- Pourquoi la perte de poids est plus facile pour certains. Lorsque les muscles absorbent bien le sucre, moins de glucose reste dans le sang, ce qui affecte le stockage des graisses et la facilité avec laquelle le poids peut être réduit.
- Les régimes standardisés perdent de leur pertinence. Des règles générales telles que « manger moins suffit » ne sont pas suffisamment précises. Le métabolisme réagit de manière individuelle, ce qui explique de nombreuses déceptions face aux approches alimentaires classiques.
- Importance à long terme pour la santé des personnes âgées. Une bonne action de l’insuline protège contre le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et la perte de masse musculaire liée à l’âge.
En résumé, le muscle est le principal consommateur de sucre de l’organisme. Après avoir mangé, la majeure partie du glucose présent dans le sang est dirigée vers les muscles. La façon dont ils répondent à l’insuline détermine si la glycémie reste stable ou augmente. Les femmes et les hommes atteignent le même objectif de différentes manières, et les régimes alimentaires standardisés ne tiennent pas compte de ces différences individuelles.
Partenariat de contenu
Cet article a été créé dans le cadre d’un partenariat de contenu avec smartup-news.de.
Pour aller plus loin
