Home AffairesIl pourrait y avoir une divergence majeure en 2026

Il pourrait y avoir une divergence majeure en 2026

by Amélie Bernard

Publié le 31 décembre 2025 à 05h56. Les grandes banques centrales pourraient diverger significativement en 2026, entre une Banque nationale suisse prudente, une Banque centrale européenne qui surveille l’inflation et une Réserve fédérale américaine confrontée à des tensions internes, tandis que le Japon entame un cycle de hausse des taux.

  • La Banque nationale suisse (BNS) ne prévoit pas de taux négatifs ni de marge de manœuvre pour augmenter ses taux, anticipant une croissance modérée et une inflation faible.
  • La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux inchangés à 2,0 % (18 décembre 2025) mais a revu à la hausse ses prévisions d’inflation et de croissance pour les années à venir.
  • La succession de Christine Lagarde à la tête de la BCE, et celle de Jérôme Powell à la Réserve fédérale américaine, suscitent déjà des spéculations et pourraient influencer les politiques monétaires futures.

Les économistes suisses s’attendent à une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,1 % en 2026, accompagnée d’une inflation contenue de 0,3 % et d’un léger hausse du chômage à 3,1 %. Dans ce contexte, la BNS estime qu’elle n’aura pas besoin de recourir à des mesures extrêmes comme des taux d’intérêt négatifs, qui ne seraient justifiés qu’en cas de détérioration massive de la conjoncture économique. Les récentes réductions de taux d’intérêt, selon le conseil d’administration de la BNS, maintiennent une politique monétaire expansionniste favorable à l’économie, renforcée par l’accord commercial avec les États-Unis qui réduit les risques de ralentissement.

L’évolution du franc suisse reste une interrogation. Si de nombreux analystes prévoient une poursuite de son appréciation face à un dollar faible, cette tendance pourrait s’inverser si l’économie de la zone euro s’améliore sensiblement. La hausse des taux d’intérêt de la BCE pourrait également freiner la pression sur le franc.

La BCE, lors de sa dernière réunion annuelle le 18 décembre, a conservé ses taux directeurs à 2,0 %. Cependant, les anticipations d’inflation ont été légèrement revues à la hausse, avec une prévision de 1,9 % pour 2026, après 2,2 % en 2025. La croissance économique devrait être plus dynamique que prévu, tirée par la demande intérieure, avec des révisions à la hausse : 1,4 % en 2025, 1,2 % en 2026 et 1,4 % en 2027.

« Nous avons relevé les attentes en matière d’activité, mais aussi les attentes en matière d’inflation. »

Christine Lagarde, présidente de la BCE

La succession de Christine Lagarde à la tête de la BCE est déjà un sujet de discussion. Bien que son mandat ne se termine qu’en octobre 2027, les candidatures potentielles commencent à émerger. Après Wim Duisenberg, Mario Draghi et Lagarde, la prochaine présidence pourrait revenir à un Allemand, notamment Joachim Nagel, le président de la Bundesbank. Isabelle Schnabel, membre du conseil d’administration de la BCE, a même exprimé son intérêt pour le poste, une démarche inhabituelle. D’autres noms circulent, comme celui d’Hernández de Cos, ancien directeur de la Banco de España, ou de Knot de la banque centrale néerlandaise.

Aux États-Unis, la question de la succession de Jérôme Powell à la Réserve fédérale américaine est également d’actualité. Kevin Hassett, proche de Donald Trump, est considéré comme le candidat le plus probable, mais il doit encore obtenir l’approbation du Conseil des gouverneurs. L’avenir de Powell en tant que gouverneur de la Fed, au-delà de la fin de son mandat en mai, est également incertain. Kevin Warsh, ancien membre du FOMC, et Christopher Waller, membre actuel du conseil d’administration, pourraient également prétendre au poste.

Les désaccords au sein du Comité fédéral de l’Open Market (FOMC) ont marqué la dernière décision de la Fed, qui a réduit ses taux d’intérêt de 0,25 point de pourcentage, les portant à une fourchette de 3,5 à 3,75 %. Trois des douze membres se sont opposés à cette baisse, l’un plaidant pour une hausse de 50 points de base et les deux autres pour le maintien des taux.

Sous le prochain président de la Fed, le débat sur l’indépendance de la banque centrale devrait se poursuivre, Donald Trump ayant clairement exprimé son souhait d’exercer une influence plus importante sur la politique monétaire.

Les économistes américains prévoient deux nouvelles réductions de taux, une prévision soutenue par l’amélioration des données économiques après la période de fermeture automnale.

La Banque d’Angleterre suit une voie similaire, avec une économie faible, une inflation en baisse et un ralentissement de la croissance des salaires qui devraient ouvrir la voie à de nouvelles réductions de taux. En décembre, les taux ont été abaissés de 25 points de base à 3,75 %, mais la décision a été prise de justesse, avec cinq voix pour et quatre contre.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a souligné l’importance de surveiller l’inflation, qui a augmenté de 3,2 % en novembre par rapport à l’année précédente, après 3,6 % en octobre.

Enfin, la Banque du Japon (BoJ) a relevé son taux d’intérêt directeur à son plus haut niveau depuis 30 ans et a annoncé de nouvelles hausses de taux. Le Comité de politique monétaire, présidé par Kazuo Ueda, a augmenté le taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage, à 0,75 %, à l’unanimité. La banque centrale a mis en avant la probabilité croissante que les prévisions économiques se réalisent, grâce à une solide croissance des salaires et à un allègement des risques liés aux tarifs douaniers américains. La BoJ prévoit de poursuivre son cycle de hausse des taux si ses prévisions économiques se confirment et si l’inflation sous-jacente continue d’augmenter modérément.

You may also like

Leave a Comment