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C’est la vraie histoire

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une nouvelle série dramatique norvégienne, « L’évasion de Bolivie », ressuscite une affaire de trafic de drogue qui avait captivé l’opinion publique en 2008, révélant le destin tragique de trois jeunes femmes prises au piège d’un réseau criminel en Amérique du Sud.

  • La série télévisée « L’évasion de Bolivie » est actuellement en tête des classements sur TV 2 Play en Norvège.
  • En 2008, Stina Brendemo Hagen, Madeleine Rodriguez et une troisième femme ont été arrêtées en Bolivie pour tentative de trafic de plus de 22 kg de cocaïne.
  • L’affaire a été marquée par une évasion rocambolesque, des conditions de détention difficiles et une attention médiatique intense.

L’histoire remonte au mois de mai 2008. Stina Brendemo Hagen, alors âgée de 17 ans, Madeleine Rodriguez, 21 ans, et une troisième femme, se rendent à Cochabamba, en Bolivie. Leur voyage prend une tournure dramatique à l’aéroport, où elles sont interpellées pour avoir tenté de transporter 22,4 kg de cocaïne, dissimulés dans plusieurs sacs de sport. Les autorités norvégiennes ont par la suite réévalué la quantité à 11 kg, en tenant compte du poids des emballages.

L’arrestation des trois jeunes femmes déclenche une couverture médiatique massive en Norvège. La presse norvégienne se rend en Bolivie pour suivre de près l’affaire. La question centrale demeure : comment ces jeunes femmes ont-elles pu se retrouver impliquées dans un trafic de drogue à grande échelle ?

Les conditions de détention en Bolivie sont particulièrement difficiles. Les femmes sont incarcérées dans une prison surpeuplée, où les conditions sanitaires sont précaires et le risque de propagation de maladies élevé. De nombreuses détenues sont des mères de jeunes enfants qui vivent avec elles en prison, et certaines accouchent même sur place.

Après un an et demi de détention, la troisième femme impliquée est libérée sous caution, moyennant une somme d’environ 100 000 couronnes norvégiennes (environ 9 000 €). Les cautions pour Brendemo Hagen et Rodriguez sont ensuite portées à 400 000 couronnes (environ 36 000 €) et 330 000 couronnes (environ 30 000 €) respectivement.

Pendant ce temps, l’affaire continue de faire la une des journaux. En 2010, Brendemo Hagen tombe enceinte en prison, d’un homme qu’elle a rencontré lors d’une visite. Elle donne naissance à un fils en automne 2010, avec l’aide financière du magazine Alfa, qui a financé une sage-femme. Rodriguez, quant à elle, avait déjà un enfant de deux ans au moment de son arrestation, et celui-ci est rapatrié en Norvège grâce à l’intervention du ministère des Affaires étrangères.

Le 31 juillet 2011, Brendemo Hagen est libérée sous caution, avec l’obligation de se présenter aux autorités et de rester dans la ville. Elle enfreint ces conditions et entame une évasion spectaculaire, orchestrée avec l’aide de Magnus Rønningen et Jonas Forsang, deux journalistes du magazine Alfa. Selon Dagbladet, le milliardaire Kjetil Holta a prêté quatre millions de couronnes norvégiennes (environ 360 000 €) au magazine pour financer l’opération.

L’évasion est périlleuse. Brendemo Hagen doit traverser les Andes, puis la jungle bolivienne en cyclomoteur et en bateau, avant d’atteindre le Brésil, où elle espère obtenir de l’aide auprès de l’ambassade de Norvège. Cependant, elle ne parvient pas à obtenir un passeport d’urgence et doit finalement rentrer en Norvège sans documents de voyage valides. Elle arrive en Norvège en octobre 2011, en ferry depuis Kiel, en Allemagne, après un long voyage à travers l’Europe. Les autorités norvégiennes choisissent de ne pas la poursuivre en justice.

Aujourd’hui, les trois femmes mènent des vies très différentes. Rodriguez est toujours en Bolivie, dans l’impossibilité de rentrer en Norvège, et a eu trois enfants. La fille rapatriée par le ministère des Affaires étrangères a aujourd’hui 19 ans et vit en Norvège. Brendemo Hagen et la troisième femme vivent discrètement en Norvège, loin des projecteurs. Madeleine Rodriguez a déclaré à TV 2 qu’elle estime que la série télévisée retrace fidèlement les événements, tandis que l’avocate de la troisième femme a exprimé son désaccord quant à la manière dont sa cliente est présentée.

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