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La NASA confirme que la Terre aura deux lunes

by Thomas Caron

Publié le 24 septembre 2025 14h32. La Terre possède désormais une deuxième « quasi-lune », un petit astéroïde baptisé 2025 PN7 qui accompagnera notre planète sur une orbite similaire pendant plus de six décennies, sans pour autant être visible à l’œil nu.

  • La NASA a confirmé que l’astéroïde 2025 PN7 se comporte comme une quasi-lune de la Terre, au moins jusqu’en 2083.
  • Cet astéroïde, d’une vingtaine de mètres de diamètre, est trop petit et sombre pour être visible sans télescope puissant.
  • Il ne s’agit pas d’une véritable lune, mais d’un objet en résonance avec l’orbite terrestre, partageant sa trajectoire autour du Soleil.

Les astronomes ont annoncé la découverte d’un nouveau compagnon céleste pour la Terre : l’astéroïde 2025 PN7, officiellement classé comme une « quasi-lune ». Bien que l’idée d’une seconde lune puisse évoquer des images de nuits illuminées par deux disques brillants, la réalité est bien plus discrète. Cet objet, d’environ 20 mètres de diamètre – à peu près la taille d’un petit immeuble – est trop petit et sombre pour être visible à l’œil nu, et ne peut être détecté que grâce à de puissants télescopes.

L’astéroïde a été repéré pour la première fois en août 2025 par le télescope Pan-STARRS à l’observatoire Haleakala à Hawaï, bien que des images d’archives révèlent qu’il figurait déjà sur des clichés datant de 2014. Les calculs publiés dans la revue Research Notes of the American Astronomical Society indiquent que 2025 PN7 partage une relation orbitale particulière avec la Terre depuis les années 1960, et qu’elle devrait se maintenir jusqu’en 2083 environ.

Mais qu’est-ce qu’une quasi-lune exactement ? Contrairement à notre Lune, 2025 PN7 ne tourne pas autour de la Terre. Il orbite autour du Soleil, mais suit une trajectoire presque identique à la nôtre, avec une période de révolution similaire. Les astronomes décrivent ce phénomène comme une « résonance directe » avec l’orbite terrestre. En d’autres termes, vu de notre planète, l’astéroïde semble nous accompagner sur une longue période, sans pour autant être lié à nous par la gravité.

Un astronome a illustré ce concept avec une analogie simple : une quasi-lune est comparable à un coureur qui maintient votre rythme sur une piste, sans jamais vous toucher ni faire partie de votre équipe. Il partage l’espace, mais n’est pas lié à vous. De même, 2025 PN7 oscille entre des distances proches et éloignées de la Terre au cours de son orbite autour du Soleil. À son point le plus proche, il peut se trouver à environ 300 000 kilomètres, une distance comparable à celle de la Lune, tandis qu’à son point le plus éloigné, il s’éloigne de plusieurs millions de kilomètres. Ces variations sont régies par l’attraction gravitationnelle combinée du Soleil, de la Terre et des autres planètes.

La NASA se veut rassurante : l’astéroïde est de taille modeste et son orbite est bien définie. Il n’existe aucun risque d’impact avec la Terre, ni d’effets significatifs sur les marées ou le climat. Un astrophysicien de la Northeastern University a calculé que la quasi-lune mesure environ vingt mètres de large, rappelant que notre Lune est « environ un quadrillion de fois plus massive », ce qui en fait le dominateur incontesté des marées.

Au-delà de l’aspect spectaculaire de cette découverte, 2025 PN7 représente un intérêt scientifique majeur. Il appartient au groupe d’astéroïdes Arjuna, caractérisés par une faible inclinaison orbitale et une trajectoire similaire à celle de la Terre. Ces objets sont des éléments clés pour tester les modèles de dynamique orbitale, étudier l’influence de la pression de la lumière solaire sur les petits corps célestes, et affiner les catalogues des astéroïdes géocroiseurs.

Ces « quasi-lunes » sont également des cibles privilégiées pour les agences spatiales. La mission chinoise Tianwen 2, lancée en 2025, se dirige vers Kamoʻoalewa, une autre quasi-lune terrestre, afin de collecter des échantillons et les ramener sur Terre. L’objectif est de mieux comprendre la composition de ces objets et de déterminer s’ils pourraient être des fragments arrachés à la Lune elle-même.

L’étude de l’orbite de 2025 PN7 a été menée par Carlos et Raúl de la Fuente Marcos, de l’Université Complutense de Madrid. Leurs calculs montrent qu’il s’agit du plus petit quasi-satellite connu autour de la Terre, et que sa stabilité orbitale est limitée par rapport à d’autres quasi-lunes plus grandes.

La découverte de 2025 PN7 nous rappelle que notre système solaire est un environnement dynamique, peuplé de nombreux petits corps qui évoluent constamment autour de nous. Les relevés du ciel, comme Pan-STARRS et le futur Observatoire Rubin au Chili, devraient permettre d’identifier d’autres quasi-lunes dans les années à venir. Les astronomes estiment qu’il pourrait exister « au moins une demi-douzaine » de ces objets partageant des orbites similaires, attendant d’être découverts dans les données.

En attendant, 2025 PN7 continuera de rouler à nos côtés sur la piste solaire pendant encore plus d’un demi-siècle. Elle n’éclairera pas nos nuits, ni ne modifiera les marées, mais elle contribuera à élargir notre connaissance de l’environnement spatial terrestre et à mieux préparer l’avenir face aux astéroïdes potentiellement dangereux.

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