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Des chercheurs toulousains développent un vaccin contre les complications liées aux allergies alimentaires sévères

Des chercheurs toulousains pourraient révolutionner la prise en charge des allergies alimentaires sévères. Ils développent un vaccin thérapeutique prometteur, capable de limiter les conséquences les plus graves des réactions allergiques chez les patients déjà sensibilisés, et qui a…

Des chercheurs toulousains développent un vaccin contre les complications liées aux allergies alimentaires sévères

Des chercheurs toulousains pourraient révolutionner la prise en charge des allergies alimentaires sévères. Ils développent un vaccin thérapeutique prometteur, capable de limiter les conséquences les plus graves des réactions allergiques chez les patients déjà sensibilisés, et qui a démontré une protection durable chez la souris.

Contrairement aux vaccins préventifs classiques, cette approche thérapeutique vise à empêcher le choc anaphylactique, une complication potentiellement mortelle liée à une réaction excessive du système immunitaire. L’anaphylaxie se manifeste par des œdèmes, des difficultés respiratoires ou digestives, et peut même entraîner une perte de connaissance, selon l’Inserm.

Le projet, porté par les équipes de Laurent Réber, directeur de recherche Inserm, et de Pierre Bruhns à l’Institut Pasteur de Paris, en partenariat avec l’entreprise Néovacs, cible les immunoglobulines E (IgE). Ces anticorps spécifiques sont au cœur de nombreuses réactions allergiques : lorsqu’un allergène s’y fixe, ils activent des cellules immunitaires, les mastocytes, qui libèrent massivement de l’histamine et provoquent l’apparition des symptômes.

L’idée n’est pas nouvelle. Une stratégie similaire, basée sur le ciblage des IgE, est déjà utilisée depuis une vingtaine d’années pour traiter l’asthme allergique sévère et a récemment été autorisée aux États-Unis pour certaines allergies alimentaires. « Grâce aux vingt ans de recul dont nous disposons avec ce médicament, nous savons que les IgE sont une bonne cible pour traiter ces allergies », explique Laurent Réber.

Cependant, le traitement actuel présente des inconvénients : son coût élevé et la nécessité d’injections répétées, toutes les deux à quatre semaines. « Ce traitement n’est donc pas optimal », reconnaît le chercheur.

L’approche vaccinale toulousaine vise à contourner ces contraintes en stimulant directement le système immunitaire du patient. « L’objectif est d’obtenir une réponse durable en activant des lymphocytes B capables de produire ces anticorps sur le long terme », précise Laurent Réber.

Pour ce faire, les chercheurs ont mis au point une protéine vaccinale combinant un fragment d’IgE (incluant le site de liaison aux mastocytes) à un dérivé de toxine diphtérique, déjà utilisé dans d’autres vaccins. Cette combinaison permet au système immunitaire de reconnaître efficacement la protéine et de produire des anticorps anti-IgE capables de bloquer la réaction allergique.

Les premiers résultats, obtenus sur des souris transgéniques produisant des IgE humaines, sont encourageants. Un mois après l’injection, les chercheurs ont observé « une production d’anticorps anti-IgE humaine, ainsi qu’une diminution massive de la quantité d’IgE libres en circulation ». Cet effet s’est maintenu pendant toute l’année de suivi. Dans des modèles animaux d’anaphylaxie, les souris vaccinées ont été totalement protégées contre le choc anaphylactique, contrairement aux souris non vaccinées.

« Un an de protection chez la souris, c’est très long ! », se réjouit Laurent Réber.

L’équipe toulousaine travaille désormais avec Néovacs pour préparer un premier essai clinique chez l’humain. « Seuls des essais cliniques permettront de savoir combien de temps le vaccin est efficace chez l’humain et sous quels délais des rappels seront nécessaires », insiste le chercheur.

À terme, ce vaccin thérapeutique pourrait être proposé aux patients souffrant de formes sévères d’allergies alimentaires. Son champ d’application pourrait ensuite s’élargir à d’autres allergies médiées par les IgE, comme l’asthme allergique, certaines allergies aux venins, ou encore une forme particulière d’urticaire chronique.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.