Publié le 5 janvier 2024 18h53. La Chine, après avoir massivement investi dans des usines d’incinération des déchets, se retrouve face à un paradoxe : un manque de déchets à traiter, conséquence d’une amélioration du tri, du recyclage et d’un ralentissement économique.
- Le volume de déchets disponibles pour l’incinération a diminué en Chine, malgré une augmentation constante de la capacité installée des usines.
- Certaines usines sont contraintes de payer pour récupérer des déchets, tandis que d’autres fouillent d’anciennes décharges pour trouver du combustible.
- Ce paradoxe révèle les limites d’un modèle axé sur des solutions technologiques massives, sans tenir compte de l’évolution démographique et des modes de consommation.
La Chine, confrontée à une production croissante de déchets ces dernières années, a massivement investi dans la construction d’incinérateurs. Ces installations, conçues pour traiter plus d’un million de tonnes de déchets par jour, fonctionnent aujourd’hui en moyenne à seulement 60 % de leur capacité. Un renversement de situation inattendu, qui témoigne d’une évolution positive, mais aussi d’une planification potentiellement excessive.
Ce manque de déchets est en partie dû à une amélioration significative de la gestion des déchets à travers le pays. Le tri et le recyclage se sont intensifiés, réduisant ainsi la quantité de déchets atteignant les incinérateurs. Le ralentissement économique joue également un rôle, en diminuant la production globale de déchets. Les autorités locales vont même jusqu’à proposer des compensations financières pour inciter à la collecte de déchets, et certaines entreprises se lancent dans une recherche active de combustible dans d’anciennes décharges abandonnées depuis des décennies.
Cette situation met en lumière les limites d’une approche qui privilégie la construction d’infrastructures massives sans une analyse approfondie des besoins réels et des tendances à long terme. L’investissement massif dans les incinérateurs, bien que motivé par des préoccupations environnementales légitimes, semble avoir anticipé une croissance de la production de déchets qui ne s’est pas matérialisée dans les proportions attendues. Il s’agit d’un signal d’alarme quant à la nécessité d’une planification plus flexible et adaptative dans le domaine de la gestion des déchets.
L’avenir de ces installations en sous-utilisation reste incertain. Certains experts suggèrent que la Chine pourrait chercher à importer des déchets d’autres pays, une solution qui soulève des questions environnementales et éthiques. D’autres préconisent une diversification des activités de ces usines, en les transformant par exemple en centres de valorisation énergétique ou en installations de traitement de déchets spécifiques.