Publié le 5 janvier 2024 13h03. L’hôpital universitaire d’Amsterdam (Amsterdam UMC) a été le premier aux Pays-Bas à proposer une nouvelle méthode de traitement des tremblements essentiels, utilisant des ultrasons focalisés de haute intensité guidés par IRM. Cette alternative mini-invasive à la chirurgie cérébrale classique offre un espoir aux patients pour qui les médicaments sont insuffisants ou l’opération chirurgicale n’est pas envisageable.
- L’Amsterdam UMC propose une nouvelle thérapie par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) pour les tremblements essentiels.
- Cette technique offre une alternative moins invasive à la stimulation cérébrale profonde (DBS).
- Des recherches parallèles visent à personnaliser la stimulation cérébrale profonde pour améliorer la mobilité des patients atteints de la maladie de Parkinson.
Jusqu’à récemment, les patients souffrant de tremblements essentiels, une affection neurologique provoquant des tremblements incontrôlables des mains et des bras, étaient principalement traités par des médicaments. Lorsque ces derniers s’avéraient inefficaces, la stimulation cérébrale profonde (DBS) constituait la solution la plus courante. Cette intervention chirurgicale, bien que prouvée, implique la pose d’électrodes dans le cerveau et représente une opération importante. Cependant, tous les patients ne sont pas candidats à la DBS, soit pour des raisons médicales, soit par choix personnel.
C’est dans ce contexte que l’Amsterdam UMC a introduit la thérapie par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU). Selon le neurologue Arthur Buijink, cette nouvelle approche répond à un besoin spécifique :
« Les patients atteints de tremblements essentiels voient leur vie quotidienne considérablement compliquée par ces tremblements. Des gestes simples comme manger, boire ou écrire deviennent difficiles. Jusqu’à présent, nous ne pouvions proposer qu’une chirurgie cérébrale, la DBS, aux patients pour lesquels les médicaments ne suffisaient pas. L’HIFU offre désormais une solution pour ceux qui ne sont pas éligibles ou ne souhaitent pas subir cette opération. »
Il estime que cette option pourrait bénéficier à environ 150 Néerlandais chaque année.
Le traitement HIFU consiste à utiliser des ondes sonores de très haute énergie qui traversent le crâne pour chauffer avec précision une petite zone du cerveau, le thalamus. Cette chaleur crée une petite lésion qui interrompt les signaux responsables des tremblements. L’intervention se déroule pendant que le patient est éveillé, à l’intérieur d’un scanner IRM, permettant un suivi continu et précis de la zone traitée. Aucune incision chirurgicale n’est nécessaire.
Les résultats sont souvent visibles immédiatement.
« Nous observons une diminution des tremblements pendant le traitement, et parfois même une disparition complète »
souligne le Dr Buijink. Les patients peuvent généralement rentrer chez eux le jour même. Un patient a ainsi pu boire de l’eau sans en renverser une goutte pour la première fois depuis des années, un soulagement immense pour lui.
Si la DBS reste une option thérapeutique importante depuis trente ans, l’HIFU vient compléter l’arsenal thérapeutique avec une alternative moins invasive. Le neurochirurgien Rick Schuurman, qui pratique à la fois la DBS et l’HIFU, considère cette avancée comme une étape significative : « Nous espérons améliorer la qualité de vie de nombreux patients grâce à ce traitement, en minimisant la charge pour le patient et en maximisant la qualité des soins. » Une vidéo explicative du traitement est disponible en ligne.
Parallèlement, des chercheurs se penchent sur l’amélioration de la DBS pour la maladie de Parkinson. Ils ont développé une nouvelle approche personnalisée, basée sur l’apprentissage automatique, pour optimiser les paramètres de stimulation et améliorer la mobilité des patients. L’étude a permis de prédire les paramètres DBS les plus efficaces pour améliorer la marche sans aggraver les autres symptômes, et d’identifier des modèles d’activité cérébrale spécifiques associés à une meilleure mobilité. Cette approche ouvre la voie à des traitements plus intelligents et plus efficaces pour la maladie de Parkinson et potentiellement d’autres troubles neurologiques.