Publié le 7 janvier 2026. Le professeur Maxime Kummeling, nouvellement nommé à l’Université de Leiden, plaide pour un retour de l’humain au cœur des soins urologiques, soulignant l’importance d’un « temps de qualité » pour les patients comme pour les professionnels de santé, à l’heure où la médecine se complexifie et s’informatise.
- Le professeur Kummeling insiste sur la nécessité de replacer la qualité de vie et le bien-être des patients au centre des préoccupations médicales.
- Ses recherches portent sur l’amélioration des parcours de soins, notamment pour les femmes souffrant d’incontinence, et sur l’impact fonctionnel des traitements oncologiques.
- Il voit dans l’intelligence artificielle un outil potentiel pour alléger la charge de travail des soignants et leur permettre de se consacrer davantage à l’écoute et à la relation avec leurs patients.
Dans sa conférence inaugurale intitulée « Quali-time en Urologie : du serment à l’IA », le professeur Kummeling a exprimé son inquiétude face à la technicisation croissante de la médecine et à la perte de temps disponible pour les échanges avec les patients. Il estime que la dimension humaine, le respect du rythme et des choix individuels, doit rester la boussole de toute pratique médicale.
« Je constate chaque jour l’impact du temps, des explications, du repos et des choix appropriés sur les patients. Et en même temps, combien le temps est devenu rare pour les prestataires de soins de santé », a-t-il déclaré. « La médecine est devenue de plus en plus technique et comporte de plus en plus de tâches administratives, ce qui fait que nous risquons de perdre de vue le côté humain. De bons soins concernent la qualité de vie et la qualité du temps, tant pour les patients que pour les prestataires de soins de santé. »
Les recherches menées par son équipe à l’Université de Leiden couvrent un large éventail de domaines, allant de la recherche fondamentale sur les traitements du cancer urologique aux soins axés sur le patient. Une attention particulière est portée à la physiothérapie pelvienne pour la maladie de Parkinson et à la recherche sexologique. Le professeur Kummeling se concentre plus spécifiquement sur les troubles fonctionnels tels que l’incontinence et leurs conséquences sur la sexualité, ainsi que sur l’impact des interventions chirurgicales pelviennes sur la qualité de vie des patients.
Il souligne l’importance d’une meilleure information des patients, afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées concernant leur traitement. Il cite l’exemple des hommes opérés de la prostate qui sous-estiment souvent l’impact de l’incontinence ou des troubles sexuels, ou encore des femmes souffrant d’incontinence à l’effort auxquelles on propose trop souvent de simplement « apprendre à vivre avec ».
Le professeur Kummeling espère que ses travaux contribueront à rendre les soins plus accessibles et plus adaptés aux besoins de chacun, en particulier pour les femmes souffrant d’incontinence à l’effort. Il plaide pour des parcours de soins plus clairs, des options thérapeutiques mieux adaptées et une meilleure coordination entre les différents acteurs de la santé. Il souhaite également que l’intelligence artificielle puisse libérer du temps pour les soignants, leur permettant de se concentrer sur l’essentiel : l’écoute et la prise en charge globale du patient.
« J’espère que nous fournirons alors des soins qui commencent réellement par la personne, et non par la maladie. Les traitements sont choisis en fonction de ce qui convient à quelqu’un, plutôt que d’une « taille unique ». Et que l’intelligence artificielle redonne du temps aux prestataires de soins de santé : du temps pour écouter, interpréter et décider ensemble. »
Maxime Kummeling, Professeur d’Urologie à l’Université de Leiden
La conférence inaugurale de Maxime Kummeling, « Quali-time en Urologie : du serment à l’IA », a eu lieu le 9 janvier et était disponible en direct sur le site web de l’Université de Leiden.