Home SantéDes chercheurs s’inquiètent d’un vieillissement plus rapide et d’une éventuelle démence précoce chez les enfants et les jeunes adultes survivants du cancer

Des chercheurs s’inquiètent d’un vieillissement plus rapide et d’une éventuelle démence précoce chez les enfants et les jeunes adultes survivants du cancer

by Sophie Martin

Publié le 7 janvier 2026 12h36. Une étude récente révèle que les survivants de cancer, dès l’adolescence et le jeune âge adulte, présentent des signes de vieillissement accéléré, tant au niveau cellulaire que cognitif, avec des conséquences potentielles sur leur qualité de vie.

  • Les survivants de cancer présentent un vieillissement biologique plus rapide que leurs pairs, même en l’absence de traitement ciblant directement le cerveau.
  • La chimiothérapie semble être un facteur clé de cet accélérateur du vieillissement.
  • Des changements de mode de vie, tels qu’une alimentation saine et l’exercice physique, pourraient aider à inverser ce processus.

Les jeunes adultes ayant survécu à un cancer font face à un défi particulier : un vieillissement prématuré qui affecte non seulement leur santé physique, mais aussi leurs capacités cognitives, notamment la mémoire et l’attention. C’est la conclusion d’une étude menée par l’Université de Rochester et l’hôpital de recherche pour enfants St. Jude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Communications Naturales ici.

L’étude, dirigée par AnnaLynn Williams, Ph.D., chercheuse à l’Institut du cancer Wilmot de l’Université de Rochester, et Kevin Krull, Ph.D., de St. Jude, s’appuie sur des données antérieures présentées en 2022 à l’American Society of Hematology. Les chercheurs ont analysé les données de près de 1 400 patients, tous ayant reçu au moins cinq ans de traitement, et dont beaucoup étaient en rémission depuis des décennies. La majorité souffrait de leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) ou de lymphome hodgkinien.

Les résultats confirment que les survivants de cancer vieillissent plus rapidement au niveau cellulaire, quel que soit le type de traitement reçu pendant leur enfance ou leur adolescence. La chimiothérapie, en particulier, semble accélérer ce processus en modifiant la structure de l’ADN et en endommageant les tissus et les cellules. Mais l’impact ne se limite pas au corps : le vieillissement cellulaire est étroitement lié au fonctionnement cérébral. Les survivants présentant un âge biologique plus élevé que leur âge chronologique ont en effet davantage de difficultés en matière de mémoire et d’attention.

« Les jeunes survivants du cancer ont encore de nombreuses décennies à vivre. Ainsi, si ces changements accélérés liés au vieillissement se produisent tôt et les placent sur une trajectoire différente, l’objectif est d’intervenir non seulement pour augmenter leur durée de vie, mais aussi pour améliorer leur qualité de vie. »

AnnaLynn Williams, Ph.D., professeure adjointe au département de chirurgie de l’Université de Rochester

AnnaLynn Williams, elle-même survivante du cancer, souligne que ces difficultés cognitives peuvent entraver la poursuite d’études, l’accès à l’emploi et la construction d’une vie personnelle épanouie. La chercheuse, qui fait également partie du Programme de recherche sur la prévention et le contrôle du cancer, est convaincue qu’il est possible d’agir.

Des études préliminaires suggèrent que l’adoption d’un mode de vie sain – arrêt du tabac, activité physique régulière, alimentation équilibrée – pourrait contribuer à inverser le vieillissement accéléré. L’équipe de Wilmot mène actuellement une étude pilote sur 100 personnes atteintes d’un lymphome hodgkinien, comparant des échantillons de tissus et de cellules prélevés avant et après le traitement à ceux de personnes en bonne santé, en collaboration avec John Ashton, Ph.D., MBA, directeur de la Ressource partagée en génomique à Wilmot. L’objectif est de déterminer à quel moment précis le processus de vieillissement accéléré se déclenche.

D’autres recherches sont en cours auprès de femmes atteintes d’un cancer du sein et de personnes âgées atteintes de leucémie, dans le but d’identifier des stratégies pour inverser les effets du vieillissement lié au cancer. Une étude récente publiée sur PubMed a d’ailleurs démontré les bienfaits de l’exercice physique dans ce domaine.

Cette étude a été financée par l’Institut national du cancer.

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