Home MondeParis va voter « non » au Mercosur, risquant un revers diplomatique majeur pour Macron

Paris va voter « non » au Mercosur, risquant un revers diplomatique majeur pour Macron

by Clara Dubois

Publié le 08 janvier 2026 à 20h28 GMT+1. La France s’apprête à rejeter l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, malgré les concessions de la Commission européenne et les efforts de Paris pour rassembler une majorité de blocage. Cette opposition pourrait constituer un revers diplomatique majeur pour le président Macron et marquer une première pour la France au sein du Conseil de l’UE.

  • La France a annoncé son intention de voter contre la ratification de l’accord UE-Mercosur.
  • Paris n’a pas réussi à constituer une minorité de blocage suffisante, l’Italie semblant se ranger du côté des partisans de l’accord.
  • L’accord, conclu en décembre 2024, vise à créer une zone de libre-échange de 700 millions d’habitants.

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) a été conclu en décembre 2024, après plus de 25 ans de négociations. Il visait à créer une vaste zone de libre-échange, mais a rapidement rencontré l’opposition de la France, soucieuse des conséquences pour son agriculture.

Le président français, Emmanuel Macron, a exprimé publiquement son désaccord, estimant que l’accord était dépassé et ne profiterait que marginalement à l’économie française et européenne.

« L’accord UE-Mercosur est un accord d’une autre époque, négocié depuis trop longtemps sur des bases dépassées »,

Emmanuel Macron, Président de la République

Il a également souligné les risques pour la souveraineté alimentaire de la France, en raison de la concurrence accrue des importations agricoles d’Amérique latine.

« Cela ne justifie pas d’exposer des secteurs agricoles sensibles qui sont essentiels à notre souveraineté alimentaire »

Emmanuel Macron, Président de la République

Ces dernières semaines, Paris a intensifié ses efforts diplomatiques pour former une minorité de blocage, obtenant le soutien de la Pologne, de la Hongrie, de l’Irlande et potentiellement de l’Autriche. Cependant, la position de l’Italie est restée cruciale. Malgré une série de concessions de la Commission européenne, notamment des garanties renforcées pour surveiller les perturbations du marché et des aides financières directes aux agriculteurs, Rome semble s’être ralliée aux partisans de l’accord.

Si une majorité qualifiée des États membres de l’UE approuve l’accord, ce serait la première fois que la France se retrouve isolée au sein du Conseil de l’UE, une situation qui affaiblirait considérablement la position du président Macron, déjà confronté à une crise politique intérieure. Les partisans de l’accord, menés par l’Allemagne et l’Espagne, insistent sur la nécessité d’ouvrir de nouveaux marchés d’exportation dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes.

Le vote décisif aura lieu lors d’une réunion des ambassadeurs de l’UE à Bruxelles. Les conséquences d’une ratification de l’accord sans le soutien de la France restent à déterminer, mais pourraient entraîner des tensions supplémentaires au sein de l’Union européenne. La Commission européenne a multiplié les concessions pour tenter de convaincre Paris et Rome.

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