Home Technologie et scienceLa Chine vient de lever l’un des plus grands doutes quant à la visite sur Mars avec la naissance de six souris spatiales

La Chine vient de lever l’un des plus grands doutes quant à la visite sur Mars avec la naissance de six souris spatiales

by Thomas Caron

Publié le 9 janvier 2026 18h00. Une expérience menée par la Chine à bord de la station spatiale Tiangong a prouvé qu’il est possible pour des mammifères de se reproduire avec succès dans l’espace, ouvrant la voie à de futures missions de longue durée et à la colonisation d’autres planètes.

  • Des souris nées dans l’espace ont survécu et se développent normalement, dissipant les craintes concernant les effets de la microgravité et des rayonnements sur la reproduction.
  • L’expérience a surmonté des difficultés logistiques, notamment une pénurie de nourriture, grâce à l’utilisation ingénieuse de lait de soja liquide.
  • Les scientifiques surveillent désormais la descendance pour détecter d’éventuels problèmes de santé à long terme et préparer des expériences de reproduction complètes en orbite.

Depuis des années, la biologie spatiale se concentre moins sur la possibilité de cultiver des aliments dans l’espace que sur la question cruciale de savoir si le corps humain peut fonctionner correctement après un séjour prolongé dans le vide spatial. La capacité à se reproduire est un indicateur clé de cette fonctionnalité, et c’est précisément ce que les chercheurs chinois ont cherché à déterminer avec une expérience audacieuse menée à bord de la station spatiale Tiangong.

Le 10 décembre 2025, un laboratoire de l’Académie chinoise des sciences (CAS) a été le théâtre d’un événement à la fois banal et exceptionnel : la naissance de neuf bébés souris. La particularité résidait bien sûr dans le fait que leur mère avait passé plusieurs semaines dans l’espace, exposée à la microgravité et aux rayonnements cosmiques. Aujourd’hui, six de ces petits se portent bien et grandissent normalement, un résultat encourageant pour l’avenir des vols spatiaux habités.

L’expérience, initialement prévue pour une durée de deux semaines, a rencontré des complications. Le lancement de quatre souris (deux mâles et deux femelles) le 31 octobre s’est bien déroulé, mais un manque critique de nourriture solide a menacé la survie des animaux et la réussite de la mission. Face à cette urgence, les scientifiques se sont ingénié à trouver une solution de remplacement, et le lait de soja liquide s’est avéré être la seule option disponible à bord de la station.

Pour suivre de près l’état des souris, les chercheurs ont fait appel à l’intelligence artificielle. Ce système de surveillance continu a permis de collecter des données précises sur leur alimentation, leurs rythmes circadiens et leurs éventuels signes de stress, en temps réel. L’administration du lait de soja a même été optimisée grâce à un système de pompage à pression négative, conçu pour éviter la formation de bulles dans la cabine.

Cette réussite chinoise intervient dans un contexte de compétition scientifique avec les États-Unis. En 2020, la Chine avait déjà réussi à développer partiellement des embryons de souris dans l’espace. Plus tôt, en 2019, la NASA avait envoyé des chercheurs à la Station spatiale internationale pour étudier la perte de densité osseuse et la fonte musculaire chez les rongeurs en apesanteur.

Les scientifiques surveillent désormais attentivement les six souris survivantes, dans le cadre de ce qu’ils appellent les « effets de deuxième génération ». L’objectif est de déterminer si elles développeront des problèmes de santé à moyen terme ou si leur fertilité sera affectée à l’âge adulte. Si ces souris ne présentent pas d’infertilité, cela confirmerait que les voyages spatiaux ne condamnent pas à la stérilité.

La prochaine étape pour la Chine sera de tenter une reproduction complète en orbite : conception, gestation et naissance sans retour sur Terre. Cette avancée serait fondamentale pour comprendre si les humains peuvent se reproduire dans l’espace sans la protection de notre atmosphère.

Jusqu’à présent, la communauté scientifique craignait que les rayonnements ionisants et l’absence de gravité n’endommagent l’axe hormonal ou l’intégrité de l’ADN des gamètes, compromettant ainsi la reproduction. Le rayonnement cosmique, composé de particules de haute énergie, peut provoquer des cassures double brin de l’ADN. Si l’atmosphère terrestre nous protège de ce phénomène, les souris (et les humains) à 400 km d’altitude sont exposés à des doses bien plus élevées. Le chercheur Wang Hongmei souligne que la viabilité de la progéniture suggère que les mécanismes de réparation cellulaire des mammifères sont capables de compenser les dommages subis lors de vols de courte durée.

Images | Benjamin Benklin NASA

Penser que nous sommes seuls dans l’univers est arrogant. La question est de savoir pourquoi les extraterrestres ne nous ont pas encore contactés

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.