Publié le 9 janvier 2026 21h16. Le vice-président du PNL, Hubert Thuma, a publiquement critiqué la politique fiscale menée par le gouvernement, pointant du doigt une responsabilité transférée des autorités centrales vers les maires locaux concernant l’augmentation des impôts et taxes.
- Hubert Thuma accuse le gouvernement d’avoir modifié le cadre fiscal national sans prévoir de solutions pour les collectivités locales.
- Il souligne que les impôts et taxes locaux ne représentent qu’une part minoritaire du budget des communes, en particulier dans les zones prospères.
- Thuma propose des alternatives pour renforcer les finances locales, notamment en maintenant une plus grande part de l’impôt sur le revenu au niveau local.
Dans une publication sur Facebook, Hubert Thuma a dénoncé la tendance à blâmer les maires pour une hausse des impôts et taxes locales qu’il estime injustifiée. Sans nommer directement le Premier ministre Ilie Bolojan, la référence est claire, selon plusieurs observateurs. Il explique que cette augmentation est la conséquence directe de modifications apportées au niveau national par le nouveau paquet fiscal entré en vigueur le 1er janvier 2026 et par une ordonnance de décembre 2025.
« Ces derniers jours, de nombreux maires ont été blâmés pour l’augmentation des impôts et taxes locales. Mais ce ne sont pas les maires qui ont décidé de cette augmentation. Je crois aux informations correctes. En conséquence, je viens vers vous avec quelques précisions importantes. Le cadre a été modifié au niveau national, à travers le paquet fiscal entré en vigueur le 1er janvier 2026 et à travers l’ordonnance de décembre 2025, qui a modifié les règles pour la nouvelle année. Et le message public était clair : ceux qui ne s’y conforment pas, je risque de perdre de l’argent à cause des transferts du budget de l’État. En bref : les règles ont changé au niveau central, mais les maires ont été laissés gérer la facture. En d’autres termes, la pression du déficit a été repoussée au niveau local », a-t-il écrit.
Thuma insiste sur le fait que les budgets locaux dépendent principalement de deux sources : l’impôt sur le revenu redistribué et les investissements, notamment les fonds européens. Il estime que les impôts et taxes locaux ne constituent pas la majeure partie des revenus des collectivités, en particulier dans les zones économiquement développées.
Pour renforcer les finances locales sans peser sur les citoyens, le vice-président du PNL propose trois pistes : « maintenir une plus grande partie de l’impôt sur le revenu dans les communautés », « augmenter les revenus par l’économie et non par des charges sur la population » et « des investissements, des emplois, un climat fiscal prévisible et attractif ».
Il conclut en lançant un message direct, adressé implicitement au Premier ministre Bolojan : « Ne tirez pas sur les maires pour une décision prise au centre. Les maires maintiennent les communautés debout, jour après jour. »
Hubert Thuma est connu pour son influence au sein du Parti national libéral (PNL), bien qu’il soit rarement présent dans les médias et qu’il évite les déclarations publiques. Cette prise de position est donc perçue comme une exception notable.
Selon des informations rapportées par Libertatea, Thuma serait en désaccord avec la ligne politique actuelle d’Ilie Bolojan, président du PNL. Il aurait par le passé imposé ses vues au sein du parti, notamment en soutenant la candidature de Crin Antonescu aux élections présidentielles de mai 2025. Il aurait également préféré voir Stelian Bujduveanu, puis Bolojan lui-même, briguer le poste de maire de Bucarest en décembre 2025, plutôt que Ciprian Ciucu, le premier vice-président du PNL.
Pour rappel, depuis le 1er janvier 2026, les impôts des citoyens roumains ont quasiment doublé. Le Premier ministre Ilie Bolojan a justifié cette augmentation en expliquant qu’elle représente la contribution des propriétaires de logements au budget local et qu’elle permettra aux mairies d’améliorer les services publics.
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