Publié le 10 janvier 2024 17h28. La succession de Luís de Guindos à la vice-présidence de la Banque centrale européenne (BCE) est ouverte, avec six candidats en lice, tous issus de petits États membres de la zone euro. Un processus de nomination complexe s’engage, marqué par l’absence de favori clair et un renouvellement attendu des membres du directoire de la BCE.
- Six candidats ont déposé leur candidature pour succéder à Luís de Guindos au poste de vice-président de la BCE.
- Cinq des candidats sont actuellement gouverneurs de banque centrale dans leur pays respectif.
- Le choix du successeur de De Guindos pourrait influencer les futures nominations au sein du directoire de la BCE.
L’Eurogroupe, composé des ministres des Finances des 21 pays de la zone euro, doit désigner un candidat lors de sa réunion du 19 janvier. Le ministre grec des Finances, Kyriakos Pierrakakis, actuel président de l’Eurogroupe, a confirmé avoir reçu des candidatures de la Lettonie, de l’Estonie, de la Finlande, du Portugal, de la Croatie et de la Lituanie.
Parmi les prétendants, on retrouve Mārtiņš Kazāks (Lettonie), Madis Müller (Estonie), Olli Rehn (Finlande), Boris Vujčić (Croatie) et Mário Centeno (Portugal). Centeno a précédemment occupé les fonctions de président de l’Eurogroupe. Le seul candidat ne dirigeant pas actuellement une banque centrale est l’ancien ministre lituanien des Finances, Rimantas Šadžius, qui avait déjà tenté de décrocher la présidence de l’Eurogroupe en juillet 2025 sans succès.
Le processus de nomination s’annonce délicat. Le mandat de Luís de Guindos expire fin mai. Pour être retenu, le candidat devra obtenir le soutien d’au moins 16 des 21 pays de la zone euro, représentant au moins 65 % de la population de la zone monétaire. Après la désignation par l’Eurogroupe, le Conseil de la BCE et le Parlement européen seront consultés, bien qu’ils ne disposent pas d’un droit de veto.
La décision finale reviendra aux chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne lors de leur sommet de mars, après consultation des 27 ministres des Finances de l’UE. Cette élection marque le début d’une période de transition de deux ans au cours de laquelle la majorité des six membres du directoire de la BCE seront renouvelés. L’année prochaine, les mandats de Philip Lane (Irlande, économiste en chef), Christine Lagarde (France, présidente) et Isabel Schnabel (Allemagne, économiste) prendront également fin.
L’originalité de cette campagne réside dans le profil des candidats. Tous les six proviennent de petits États membres, souvent considérés comme ayant un poids limité au sein de l’Eurogroupe. Cette situation rend l’issue incertaine, et il pourrait s’avérer difficile de réunir une majorité qualifiée en une seule semaine. Historiquement, quatre des six postes au sein du conseil d’administration de la BCE sont généralement attribués aux banques centrales des grands pays (Allemagne, France, Italie, Espagne), les deux autres étant réservés aux petits États.
La fonction de vice-président a traditionnellement été occupée par un représentant d’un petit pays, De Guindos constituant une exception à cette règle. Le Portugal et la Finlande sont déjà représentés au sein du directoire de la BCE, ce qui pourrait jouer en défaveur de Centeno et d’Olli Rehn, l’ancien commissaire européen aux affaires économiques et monétaires. L’Eurogroupe estime qu’une consolidation des candidatures baltes, avec le retrait de deux d’entre elles, augmenterait leurs chances.
Quelle que soit l’issue de cette nomination, elle n’est pas susceptible d’affecter la succession de Christine Lagarde à la présidence de la BCE. L’absence de candidature espagnole au poste de vice-président suggère que Madrid souhaite conserver la possibilité de présenter son propre candidat à la présidence. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, et Isabel Schnabel sont considérés comme des prétendants allemands potentiels. Cependant, les traités européens limitent les membres du directoire de la BCE à un seul mandat non renouvelable, ce qui pourrait constituer un obstacle pour Schnabel.
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