Publié le 2024-02-29 10:30:00. Des parallèles sont établis entre la récente situation politique au Venezuela, où le président Maduro aurait été arrêté par des forces américaines, et des incidents passés impliquant le Saint-Siège, notamment l’affaire Manuel Noriega au Panama et des tensions avec le régime de Hugo Chávez.
- Le Venezuela est actuellement au centre de l’attention médiatique suite à des informations concernant l’arrestation du président Nicolás Maduro.
- En 1989, le général Manuel Noriega, alors dirigeant panaméen, s’est réfugié dans la nonciature apostolique au Panama, déclenchant une crise avec les États-Unis.
- Des incidents plus récents ont vu des militants chavistes faire irruption dans la nonciature au Venezuela, menaçant le nonce apostolique.
L’affaire actuelle au Venezuela rappelle des épisodes complexes de l’histoire diplomatique du Vatican, où le Saint-Siège a parfois été confronté à des pressions considérables de la part de puissances étrangères. En 1989, le Panama était le théâtre d’une crise majeure lorsque le général Manuel Noriega, visé par un mandat d’arrêt américain pour trafic de drogue, a cherché refuge dans la nonciature apostolique, la résidence de l’ambassadeur du Saint-Siège. Les États-Unis, déterminés à le capturer, ont encerclé le bâtiment et ont eu recours à des méthodes pour le forcer à sortir.
Selon Ulrich Nersinger, expert du Vatican, la situation était digne d’un film hollywoodien. « Les États-Unis ont envahi le Panama pour leurs propres intérêts, en violation du droit international, et voulaient arrêter le dirigeant de l’époque, le général Manuel Noriega », explique-t-il. Les forces américaines ont même utilisé la musique comme arme psychologique, diffusant des chansons provocatrices telles que « Welcome to the Jungle », « Crying in the Chapel » et même des titres plus agressifs. Elles ont également coupé l’électricité autour de la nonciature, créant une atmosphère particulièrement tendue.
Le Vatican a fermement refusé de céder aux pressions américaines, affirmant que la nonciature est un territoire diplomatiquement protégé et que l’extradition de Noriega était hors de question. « Le Vatican a fondamentalement refusé de se laisser intimider. Il a été clair : Manuel Noriega ne sera pas extradé vers les États-Unis », souligne M. Nersinger. Le nonce apostolique a rapporté avoir subi des pressions massives de la part des généraux américains, qui tentaient de le forcer à livrer Noriega.
Finalement, après dix jours, Noriega a quitté volontairement la nonciature. Plus récemment, en 2009, sous le gouvernement d’Hugo Chávez, la nonciature au Venezuela a été la cible d’une intrusion par des militants chavistes. Selon Ulrich Nersinger, « Il représentait la démagogie et l’oppression – ce n’était pas un personnage particulièrement sympathique. » Des incendies ont été allumés et au moins six grenades lacrymogènes ont été lancées, mettant en danger la sécurité du nonce apostolique.
« Mais ce qui compte, c’est la manière dont le Vatican agit fondamentalement. »
Ulrich Nersinger
Aujourd’hui, le Saint-Siège maintient une position discrète mais ferme, privilégiant la diplomatie et la négociation. Le nonce apostolique en Allemagne, Nikola Eterović, a décrit cette approche comme un « pouvoir tranquille » dans son livre publié en 2023. Le Vatican pourrait d’ailleurs jouer un rôle de médiateur dans la crise actuelle au Venezuela, bien que les détails restent à préciser. Des informations font état d’environ 80 personnes tuées lors de l’arrestation du président Maduro et de son épouse, mais la nonciature n’a pas été directement impliquée cette fois-ci.
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