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Skieurs brûlés à Crans-Montana : indignation face à « Charlie Hebdo »

by Nicolas Lefèvre

Publié le 12 janvier 2026 à 12h04. Une caricature de Charlie Hebdo évoquant la tragédie du téléphérique de Crans-Montana a suscité une vive indignation, allant jusqu’à engendrer une plainte pénale en Suisse et des réactions outrées en Italie.

  • Une caricature de Charlie Hebdo, faisant référence au film « Les bronzés font du ski », a été critiquée pour son manque de sensibilité envers les victimes de l’incendie du téléphérique de Crans-Montana.
  • Une plainte pour violation de la dignité humaine a été déposée en Valais contre le magazine satirique.
  • Charlie Hebdo est également sous le feu des critiques pour une récente caricature impliquant Jean-Luc Mélenchon et une autre représentant des Juifs français.

La publication d’une caricature jugée de mauvais goût par beaucoup a ravivé le débat sur les limites de la satire et le respect de la mémoire des victimes. Le dessin, signé Éric Salch, montre deux skieurs noirs dévalant une pente en riant, avec l’inscription « Crans-Montana » sur un panneau. Le commentaire accompagnant l’image fait allusion à la comédie culte française des années 70, « Les bronzés font du ski », avec la phrase : « Les brûlés skient. La comédie de l’année. »

Cette caricature intervient après le tragique accident survenu à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes et blessé 116 autres, dont de nombreux ressortissants étrangers, notamment italiens et français. L’indignation a rapidement dépassé les frontières suisses.

La journaliste italienne Paola Di Caro, du quotidien « La Repubblica », s’est interrogée sur X (anciennement Twitter) : « Où est la moquerie du pouvoir, des puissants, du ridicule, des religions, du fondamentalisme ? » Elle poursuit : « Dans les corps défigurés par le feu et dans la douleur de ceux qui ne sont plus là et de ceux qui restent ? »

L’avocat sédunois Stéphane Riand et son épouse Béatrice ont déposé une plainte pour violation de l’article 135 du Code pénal suisse, qui interdit la production et la diffusion de représentations horribles de la violence, comme le rapporte le journal valaisan Le Nouvelliste.

Charlie Hebdo n’a pour l’instant pas réagi aux critiques. Le magazine, connu pour son humour noir et sa ligne éditoriale provocatrice, a souvent franchi les limites du bon goût, comme en 2012 lorsqu’il a caricaturé la politicienne de droite Marine Le Pen comme un tas d’excréments, ou lorsqu’il a représenté le squelette du soldat inconnu en train de copuler avec un militaire de haut rang.

Cette nouvelle polémique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de Charlie Hebdo. Le magazine a été la cible d’attaques terroristes en 2015, après avoir publié des caricatures du prophète Mahomet. Depuis lors, il est confronté à des accusations de racisme et d’islamophobie, notamment de la part de certains milieux de gauche qui lui reprochent de ne pas respecter les sensibilités religieuses.

Récemment, Charlie Hebdo a également publié une caricature controversée représentant Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, dans le rôle du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro, menotté et portant des lunettes de soleil. Le Figaro relate les vives réactions de LFI, qui a dénoncé un dessin fasciste.

Une autre caricature récente, montrant des Juifs se cachant dans une poubelle, a également suscité l’indignation. La publication sur X a été largement critiquée pour son antisémitisme présumé.

Malgré le soutien massif reçu après l’attentat de 2015, Charlie Hebdo se retrouve de plus en plus isolé politiquement. Le magazine, traditionnellement associé à la gauche radicale, est aujourd’hui critiqué par une partie de cet électorat, qui l’accuse de contribuer à la stigmatisation des musulmans. Selon certaines analyses, Charlie Hebdo est devenu un paria pour une partie de la gauche française.

En 2015, après l’attentat, Charlie Hebdo avait publié un numéro spécial avec une couverture représentant un lecteur souriant tenant le journal, avec une mitrailleuse dans le dos. Le titre était : « On ne peut pas nous tuer ».

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