Publié le 13 janvier 2026 à 02h30. Le géant britannique de l’équipement sportif JD Sports va permettre à ses clients d’acheter directement ses produits via des plateformes d’intelligence artificielle comme ChatGPT et Microsoft Copilot, une première qui témoigne de l’évolution rapide du commerce en ligne.
- JD Sports lancera cette fonctionnalité d’achat direct par IA aux États-Unis dans les prochains mois, avec une possible extension à d’autres régions.
- L’entreprise observe une utilisation croissante des applications d’IA par les consommateurs pour la recherche de produits et souhaite s’adapter à cette nouvelle tendance.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue entre les détaillants pour attirer les clients en ligne et de remise en question de la domination de Google dans le domaine de la recherche d’achat.
JD Sports s’apprête à révolutionner l’expérience d’achat en ligne en intégrant ses produits directement dans les plateformes d’intelligence artificielle les plus populaires. Les clients pourront ainsi finaliser leurs achats en un seul clic, sans quitter l’application d’IA qu’ils utilisent. Cette stratégie vise à répondre à l’évolution des habitudes de consommation, où l’IA joue un rôle de plus en plus important dans la découverte et la sélection de produits.
Selon Jetan Chowk, directeur de la technologie de JD Sports, l’IA représente « l’avenir de la façon dont les gens feront leurs achats ». Il souligne que l’entreprise constate déjà une utilisation régulière des applications d’IA par les consommateurs pour rechercher et identifier les articles qu’ils souhaitent acquérir. « Nous voulons nous assurer que nous agissons rapidement pour répondre aux besoins des clients dans ce domaine », a-t-il déclaré.
Cette tendance est particulièrement marquée chez les jeunes adultes, la principale cible de JD Sports. Une étude menée l’année dernière par le cabinet de conseil KPMG a révélé que 30 % des personnes âgées de 25 à 34 ans utilisent déjà un chatbot basé sur l’IA pour rechercher des offres en ligne. Ces modèles de langage permettent aux utilisateurs de poser des questions en langage naturel, et les plateformes peuvent ensuite proposer des suggestions de produits pertinentes en exploitant les données disponibles sur Internet.
Plusieurs détaillants britanniques ont également indiqué au Guardian qu’ils travaillent à optimiser leur présence dans les moteurs de recherche génératifs, une nouvelle forme d’optimisation pour les moteurs de recherche, afin de se positionner favorablement dans les résultats proposés par les chatbots d’IA. Les stratégies mises en œuvre incluent la surveillance de leur réputation sur des forums comme Reddit, la réponse aux avis en ligne sur Google ou Trustpilot, et la garantie que les modèles d’IA ont accès à des informations produit précises et à jour.
Cette évolution représente un nouveau défi pour les détaillants, qui doivent désormais se battre pour attirer l’attention des consommateurs dans un environnement en ligne de plus en plus complexe. Elle remet également en question la domination traditionnelle de Google dans le domaine de la recherche d’achat. Google a d’ailleurs réagi en développant ses propres fonctionnalités d’IA et en annonçant un partenariat avec plusieurs grands détaillants américains, dont Walmart, pour permettre les achats directement via son chatbot Gemini AI. Sundar Pichai, le PDG de Google, a déclaré que les clients « pourront bientôt découvrir tout ce qu’ils aiment chez Walmart directement dans l’application Gemini ».
L’utilisation d’agents IA – des assistants numériques autonomes – se répand également, aidant les consommateurs dans leurs achats en ligne. OpenAI, Perplexity, Google et Microsoft ont lancé l’année dernière des fonctionnalités d’IA permettant aux utilisateurs de rechercher des produits via leurs chatbots, avec des agents capables d’effectuer des commandes au nom des consommateurs. La compétition entre ces acteurs s’intensifie.
JD Sports publiera ses résultats du quatrième trimestre le 21 janvier, après la période cruciale des fêtes de fin d’année. L’entreprise avait indiqué fin 2025 que le chômage des jeunes au Royaume-Uni avait eu un impact négatif sur la croissance de ses ventes et de ses bénéfices.