Publié le 15 février 2024. Malgré un recul général de la pandémie, certaines personnes fragilisées par des traitements médicaux spécifiques demeurent particulièrement vulnérables au COVID-19, nécessitant une vigilance accrue et des stratégies de prévention adaptées.
- Fin 2023, environ 87 % des Américains de plus de 16 ans avaient des anticorps contre le SARS-CoV-2, et près de 99 % une immunité combinée (vaccination et infection).
- Les patients sous traitements d’épuisement des cellules B (BCDT) pour maladies rhumatologiques ou auto-immunes présentent un risque élevé de formes graves de COVID-19.
- La prophylaxie pré-exposition (PrEP) au COVID-19, avec le pemivibart (Pemgarda®), est désormais autorisée aux États-Unis pour les personnes à haut risque.
La pandémie de COVID-19 a connu une évolution significative. Fin 2023, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains estimaient que 87 % de la population américaine âgée de 16 ans et plus avait développé des anticorps contre le SARS-CoV-2, et que près de 99 % bénéficiaient d’une immunité combinée, acquise par la vaccination et/ou l’infection. En janvier 2024, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que le COVID-19 ne constituait plus une menace pandémique, la morbidité et la mortalité globales ayant considérablement diminué.
Cette évolution a conduit à une perception générale d’atténuation des risques liés à l’infection. Cependant, certaines populations restent particulièrement vulnérables, notamment les personnes atteintes de pathologies spécifiques et suivant des traitements immunosuppresseurs. C’est le cas des patients traités par des thérapies d’épuisement des cellules B (BCDT) pour des maladies rhumatologiques et d’autres affections auto-immunes.
Dès le début de la pandémie, la Cleveland Clinic a mené des recherches approfondies sur le COVID-19, notamment sur l’impact de certains médicaments sur la protection contre le virus. Les équipes médicales ont constaté que les patients sous BCDT présentent un risque disproportionné d’hospitalisation et de décès, même avec les variants Omicron, généralement associés à des symptômes moins sévères. Cette vulnérabilité persistante nécessite une attention particulière et des recommandations spécifiques.
Informations et conseils aux patients
Les traitements par BCDT, utilisés depuis plus de 25 ans pour réduire l’inflammation et les auto-anticorps dans les maladies rhumatologiques, affaiblissent également l’immunité naturelle et la réponse vaccinale contre le COVID-19. Il est donc essentiel pour les professionnels de santé prenant en charge ces patients de se tenir informés des dernières données sur l’infection au COVID-19, des recommandations concernant les antiviraux et la PrEP, et de partager ces informations avec leurs patients.
Les patients sous BCDT doivent être conscients de leur vulnérabilité accrue et du risque d’hospitalisation et de décès. Il est conseillé de faire preuve de prudence en présence de personnes malades, d’envisager le port du masque dans les lieux publics fréquentés (avions, transports en commun, etc.) et, surtout, de consulter rapidement un médecin en cas de symptômes.
Une étude récente menée par l’équipe de la Cleveland Clinic a démontré l’efficacité du traitement antiviral ambulatoire (nirmatrelvir/ritonavir) chez les patients atteints de maladies auto-immunes sous BCDT. Les résultats indiquent que ce traitement est associé à une réduction des taux d’hospitalisation et de décès dus au variant Omicron dans cette population spécifique, soulignant l’importance d’un dépistage et d’une prise en charge rapides.
Par ailleurs, les équipes médicales de la Cleveland Clinic accompagnent les patients sous BCDT dans leur décision de se faire vacciner contre le COVID-19 et/ou de recevoir des rappels. Bien que le BCDT atténue la réponse vaccinale, la vaccination offre une certaine protection. Le moment idéal pour l’administration du vaccin est le plus éloigné possible de la dernière dose de rituximab et deux à quatre semaines avant la dose suivante, afin d’optimiser la réponse immunitaire.
Un mot sur la PrEP
La Food and Drug Administration (FDA) américaine a élargi l’autorisation d’utilisation d’urgence du pemivibart (Pemgarda®), un anticorps monoclonal utilisé en prophylaxie pré-exposition (PrEP) au COVID-19, aux personnes présentant un risque élevé de développer une forme grave de la maladie. La Cleveland Clinic conseille aux patients à haut risque, notamment ceux dont le nombre de lymphocytes B est faible, d’envisager la PrEP.
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