Publié le 13 janvier 2026 à 13h51. Une maison de retraite du comté de Laois est sous le feu des critiques pour de graves lacunes dans les soins prodigués à ses résidents, notamment en matière de nutrition et de sécurité, au point que sa fermeture a été envisagée par l’autorité de régulation.
- L’établissement de Stradbally ne répond pas systématiquement aux besoins alimentaires des résidents à risque d’étouffement ou ayant des difficultés à avaler.
- Des inspections ont révélé des résidents dormant sur des chaises et un manque de personnel pour les aider à se coucher.
- L’autorité de régulation, la HIQA (Health Information and Quality Authority), a demandé au tribunal de district de révoquer l’enregistrement de l’établissement, mais a accepté un sursis pour permettre des améliorations.
Le rapport accablant de la HIQA, publié ce jour, dénonce une gestion « inefficace » de la maison de retraite Droimnin, située à Stradbally, dans le comté de Laois. Les inspections, menées sur quatre jours en septembre 2025, ont mis en évidence de sérieuses préoccupations concernant la sécurité et le bien-être des résidents. L’autorité de régulation estime que la surveillance de la qualité et de la sécurité des soins est déficiente, entraînant des soins de qualité inférieure pour de nombreux pensionnaires.
Selon la HIQA, « le prestataire enregistré n’a pas réussi à fournir des soins médicaux et de santé appropriés » et « n’a pas pris de mesures raisonnables pour protéger les résidents contre les abus ». Le rapport souligne notamment des carences majeures en matière de nutrition. La nourriture proposée aux résidents était jugée « ni saine, ni nutritive » et ne tenait pas compte des prescriptions médicales spécifiques. Plusieurs résidents suivant des régimes thérapeutiques adaptés à leurs pathologies (régimes rénaux, diabétiques, etc.) ne recevaient pas des repas conformes à leurs besoins. De manière particulièrement préoccupante, les résidents présentant un risque d’étouffement ou des difficultés à avaler ne recevaient pas toujours les repas à consistance modifiée qui leur avaient été prescrits, les exposant à un « risque important de préjudice ».
Au-delà des problèmes de nutrition, les inspecteurs ont constaté des conditions de vie indignes. Des résidents ont été observés dormant sur des chaises dans les espaces communs, et les demandes d’aide pour se coucher n’étaient pas toujours satisfaites, malgré l’importance d’un sommeil réparateur inscrite dans leurs plans de soins. La structure de gestion de l’établissement est également pointée du doigt, avec une absence de responsable désigné depuis le 31 juillet 2025 et une organisation jugée « incohérente et peu claire ».
Face à ces manquements graves, la HIQA a saisi le tribunal de district le 12 septembre 2025, demandant la révocation de l’enregistrement de la maison de retraite, en vertu de l’article 59 de la loi sur la santé de 2007. Une audience était initialement prévue en novembre 2025, mais a été reportée au 3 février 2026, à condition que des « conditions supplémentaires » soient imposées à l’enregistrement de l’établissement et que le prestataire mette en œuvre un plan d’action concret pour améliorer la santé et le bien-être des résidents.
L’établissement de Droimnin avait déjà été mis en lumière l’année dernière dans le cadre d’une enquête de RTÉ Investigates sur les normes de soins dans les maisons de retraite irlandaises.
Parallèlement, la HIQA a publié 47 autres rapports d’inspection, dont 25 établissements se sont avérés conformes ou substantiellement conformes à la réglementation.
Un centre de soins de Dublin privé d’eau potable pour ses résidents
Une autre inspection de la HIQA a révélé des problèmes dans un établissement du comté de Dublin. La clinique privée Tara Winthrop, près de Swords, qui accueille 118 résidents nécessitant des soins infirmiers, n’a pas pu garantir un accès constant à de l’eau potable fraîche en août dernier. Bien que le personnel remplisse les carafes dans les chambres, l’eau potable n’était pas disponible dans deux unités lors de la première soirée d’inspection. La situation a été corrigée après avoir été signalée.
Le rapport souligne également des inquiétudes quant à la quantité et à la qualité de la nourriture et des boissons proposées aux résidents, bien que des « mesures immédiates » aient été prises pour y remédier. Les résidents ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité du personnel, mais ont souligné son manque de nombre. L’inspection a révélé une « baisse substantielle » de la conformité réglementaire par rapport à l’inspection précédente de novembre 2024, et les améliorations constatées n’ont pas été durables. Des problèmes ont également été relevés concernant l’état de certains meubles et l’inadéquation d’une pièce destinée à apaiser les résidents agités. Des résidents ont été vus en train de fumer dans des zones non sécurisées, et le personnel a été vu en train d’installer l’équipement de sécurité nécessaire après avoir été informé. Le rapport note également un manque d’activités stimulantes pour les résidents et des lacunes dans la formation du personnel en matière de protection des personnes vulnérables et de sécurité incendie.
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