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Faire progresser le traitement du cancer grâce aux radionucléides de nouvelle génération

by Thomas Caron

Publié le 13 janvier 2026 15:35:00. Un programme européen coordonné par le CERN a facilité l’accès à des substances radioactives essentielles pour la recherche contre le cancer, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés et efficaces.

  • Le programme PRISMAP a distribué 159 lots de radionucléides à des laboratoires de recherche dans 19 pays européens au cours des cinq dernières années.
  • L’initiative a interconnecté huit centres de production de radionucléides et cinq centres de recherche biomédicale, stimulant ainsi l’innovation dans le domaine de la médecine nucléaire.
  • Le CERN-MEDICIS, une installation unique au monde, a joué un rôle clé dans la production de radionucléides de haute pureté, notamment des émetteurs alpha prometteurs pour la thérapie ciblée du cancer.

La médecine nucléaire, qui utilise des substances radioactives pour l’imagerie et le traitement du cancer, connaît une évolution importante avec l’émergence de l’approche « théranostique ». Cette méthode combine le diagnostic et la thérapie, permettant d’adapter le traitement à chaque patient en fonction de ses caractéristiques spécifiques. Deux produits sont déjà approuvés pour le traitement du cancer neuroendocrinien et de la prostate, mais de nombreux autres radiopharmaceutiques sont en développement, confrontés toutefois à des difficultés d’accès aux radionucléides nécessaires à la recherche.

C’est dans ce contexte que le programme PRISMAP (Programme Européen sur les Radionucléides Médicaux), coordonné par le CERN, a été lancé pour faciliter l’accès à de nouveaux radionucléides de haute pureté. En reliant huit installations de production et cinq centres de recherche à travers l’Europe, PRISMAP a permis de surmonter certains obstacles et d’accélérer la recherche de traitements médicaux ciblés.

« En connectant huit installations de production de radionucléides et cinq centres de recherche biomédicale à travers l’Europe, le projet a sans aucun doute stimulé la recherche sur le traitement du cancer », a expliqué Thierry Stora, responsable du CERN-MÉDICAL et coordinateur de PRISMAP.

Au total, 47 projets de recherche médicale dans 19 pays ont bénéficié du soutien de PRISMAP au cours des cinq dernières années. Les laboratoires ont reçu 159 lots de 23 radionucléides différents. Au-delà de la fourniture de ces substances, PRISMAP a également offert aux équipes de recherche la possibilité de mener des projets dans ses cinq installations biomédicales, en leur donnant accès à des équipements et des autorisations spécialisés.

Le CERN-MEDICIS s’est particulièrement distingué par la production de radionucléides émetteurs alpha, considérés comme une voie prometteuse pour guérir le cancer. Ces particules (composées de deux protons et de deux neutrons) ciblent les cellules cancéreuses avec une grande précision, épargnant les tissus sains, et sont particulièrement efficaces pour détruire les micrométastases, un des principaux défis de l’oncologie.

Le CERN-MEDICIS est la seule installation au monde dédiée à la production de radionucléides par séparation de masse pour la recherche biomédicale, garantissant ainsi une haute pureté des nucléides produits. En combinant les radionucléides produits par les cyclotrons et réacteurs nucléaires traditionnels avec la séparation de masse du CERN-MEDICIS, le programme a permis de créer des radionucléides innovants.

Un exemple concret de cette collaboration est la combinaison de deux isotopes du plomb – l’un (Pb-203) provenant du réacteur nucléaire ARRONAX de Nantes (France) et l’autre (Pb-212) du CERN-MEDICIS – qui a été livrée à l’hôpital de Dresde pour la recherche sur le diagnostic et le traitement du cancer de la prostate. « Le projet PRISMAP a joué un rôle déterminant dans le développement de cette approche théranostique très innovante », a déclaré Thierry Stora. « Les premiers résultats récemment publiés sont très encourageants. »

Le projet PRISMAP s’est achevé le 31 décembre 2025. Fort de ses résultats positifs, une demande de financement a été soumise pour un projet de suivi de trois ans, baptisé PRISMAP+, afin de pérenniser et de renforcer davantage ce réseau européen.

Carte de la répartition des radionucléides PRISMAP à travers l'Europe, avec des lignes à code couleur reliant les installations de production et biomédicales.
Ce graphique illustre la distribution des radionucléides livrés aux projets de recherche du programme PRISMAP. Il indique le transport des radionucléides vers les utilisateurs, ainsi que le déplacement des chercheurs vers les installations biomédicales de PRISMAP lorsque les projets sont réalisés sur place.

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