Un ancien prodige du tennis australien, Oliver Anderson, a révélé comment une tentative de manipulation de match, survenue en 2016, a mis fin à son ascension rapide et l’a plongé dans une période de regret. L’affaire, qui s’est déroulée lors d’un tournoi Challenger à Traralgon, en Australie, a mis en lumière la vulnérabilité des jeunes joueurs face aux réseaux de paris illégaux.
Anderson, aujourd’hui âgé de 27 ans, se souvient du moment précis où il a compris qu’il était démasqué : la présence de policiers en civil près du court, juste après sa défaite au deuxième tour du tournoi. « J’ai tout de suite compris que quelque chose n’allait pas », a-t-il confié. L’attention des autorités avait été attirée par son match précédent, une victoire en trois sets acquise de manière inattendue.
En janvier 2016, Anderson avait pourtant connu un moment de gloire en remportant le titre du simple messieurs juniors de l’Open d’Australie, devant un public enthousiaste. Ce succès avait mis en évidence son potentiel, aux côtés de futurs joueurs de renom tels que Stefanos Tsitsipas, Felix Auger-Aliassime et Alex de Minaur. Neuf mois plus tard, sa carrière prenait un tournant dramatique.
L’adolescent avait été contacté par des syndicats de paris illégaux quelques jours avant le tournoi de Traralgon. En difficulté financière après plusieurs mois d’arrêt pour blessure et une intervention chirurgicale, il avait accepté de perdre intentionnellement un set pour honorer ses engagements financiers. « Tout s’est passé très vite. On m’a approché, j’ai pensé que c’était faisable, je le fais, puis je quitte le court et je suis dans de beaux draps », a-t-il expliqué.
Les images du match sont éloquentes. Anderson, alors classé 704e mondial, enchaînait des secondes balles lentes et faciles, qu’il renvoyait ensuite sans conviction dans le filet. Son adversaire, Harrison Lombe, classé au-delà de la 1 500e place, avait remporté le premier set, conformément au plan des conspirateurs, avant qu’Anderson ne s’impose finalement 4-6, 6-0, 6-2.
Anderson ignore comment la police a été alertée. Selon des informations de l’Australian Broadcasting Corporation, une société de paris avait été intriguée par un parieur tentant de miser 10 000 dollars australiens (environ 5 000 livres sterling) sur une victoire de Lombe au premier set. Le lendemain, rongé par la culpabilité, Anderson s’était incliné lourdement en deux sets (6-2, 6-1) face à John-Patrick Smith.
« Je ne pensais qu’à une chose : c’est complètement fou et je suis le seul à savoir ce qui se passe », a-t-il déclaré. « Puis j’ai été intercepté par des policiers en civil. J’ai compris que j’avais commis une erreur monumentale. »
Après une période de remise en question, qualifiée de « crise de la trentaine » par Anderson, il est revenu sur les courts professionnels. Il reste néanmoins réticent à aborder en détail les circonstances de cette affaire.
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