L’administration américaine a levé les restrictions à l’exportation de puces d’intelligence artificielle (IA) vers la Chine, autorisant Nvidia à reprendre ses ventes sur ce marché stratégique. Cette décision, annoncée par l’ancien président Donald Trump, intervient après des mois de tensions et de critiques concernant les contrôles sur les exportations de technologies de pointe.
Selon une nouvelle réglementation qui entrera en vigueur le 15 janvier, le Département du Commerce assouplit les règles concernant l’exportation de la puce H200 de Nvidia. Cette puce, essentielle pour les programmes d’IA tels que les chatbots et l’apprentissage automatique, avait été soumise à des restrictions strictes dans le cadre d’une stratégie visant à freiner les avancées technologiques chinoises.
Nvidia s’est félicitée de cette décision. « Nous saluons la décision du président Trump de permettre à l’industrie américaine des puces d’être compétitive pour soutenir les emplois bien rémunérés et la fabrication en Amérique », a déclaré un porte-parole de l’entreprise dans un communiqué. « Offrir H200 à des clients commerciaux agréés, approuvés par le ministère du Commerce, établit un équilibre judicieux qui est excellent pour l’Amérique. » L’entreprise a également souligné que les restrictions antérieures favorisaient involontairement les concurrents étrangers.
L’accord prévoit que les puces H200 seront soumises à des tests indépendants aux États-Unis pour vérifier leurs capacités et leurs fonctions liées à l’IA. La Chine ne pourra acquérir plus de 50 % du volume total des puces vendues aux États-Unis. Nvidia devra également garantir un approvisionnement suffisant pour le marché américain, et la Chine devra démontrer qu’elle dispose de mesures de sécurité adéquates. L’utilisation de ces puces à des fins militaires sera interdite.
Donald Trump avait annoncé le mois dernier qu’il autoriserait les ventes de puces en échange d’une redevance de 25 % versée au gouvernement américain, assurant que l’accord serait étroitement surveillé pour protéger la sécurité nationale. « J’ai informé le président chinois Xi que les États-Unis autoriseraient Nvidia à expédier ses produits H200 à des clients agréés en Chine et dans d’autres pays, dans des conditions permettant de maintenir une sécurité nationale forte », avait-il écrit sur son réseau social Truth Social en décembre.
La demande pour les puces H200 est forte. Des entreprises technologiques chinoises auraient déjà passé des commandes pour plus de 2 millions de puces, représentant une valeur totale d’environ 54 milliards de dollars (27 000 dollars par puce), dépassant largement les 700 000 puces actuellement disponibles chez Nvidia, selon des informations de Reuters.
Jensen Huang, PDG de Nvidia, avait déclaré lors du Consumer Electronics Show à Las Vegas la semaine dernière que l’entreprise augmentait sa production pour répondre à la demande mondiale croissante, notamment en provenance de Chine, ce qui a entraîné une hausse des prix de location des puces dans les centres de données de cloud computing.
Cette décision intervient après que Donald Trump a critiqué les restrictions imposées par l’administration Biden sur les exportations de puces d’IA et de semi-conducteurs avancés vers la Chine, considérant qu’elles entravaient la compétitivité des entreprises américaines. Le chef de la minorité sénatoriale Chuck Schumer a, quant à lui, accusé Trump de « trahir l’Amérique » suite à cette annonce.