Google s’apprête à réduire significativement sa dépendance à la Chine pour le développement de ses smartphones Pixel. Le géant américain a commencé à transférer une étape cruciale de la production, la présentation d’un nouveau produit (NPI), au Vietnam, une décision motivée par les tensions géopolitiques croissantes.
Jusqu’à présent, Google réalisait l’ensemble du processus de NPI en Chine, en raison de la complexité technique et de la maturité de ses fournisseurs. Le NPI englobe la conception des processus de fabrication, la vérification des machines et l’affinage des prototypes avant le lancement de la production de masse. Désormais, le développement du Pixel 11 se fera directement sur le sol vietnamien, marquant une étape importante vers une plus grande autonomie.
Ce changement ne se limite pas à une simple relocalisation de l’assemblage. Il s’agit d’une véritable déclaration d’indépendance industrielle, qui confère aux fournisseurs vietnamiens un nouveau statut et des capacités accrues. Google ne se contente pas de déplacer la production, mais investit dans un écosystème d’ingénierie complet au Vietnam, un processus préparé depuis 2019 en réhabilitant d’anciennes usines.
La décision de Google est largement influencée par les pressions géopolitiques et les politiques tarifaires mises en place ces dernières années. Alors que l’administration Trump avait déjà renforcé sa politique commerciale, les entreprises technologiques cherchent des alternatives plus sûres à la Chine. Bien que le Vietnam ne soit pas exempt d’impôts (avec des taux de 46 à 54 %), il représente un environnement plus stable que Shenzhen.
Cette stratégie de diversification est également adoptée par d’autres acteurs majeurs du secteur, comme Apple, qui a déjà commencé à transférer certaines étapes de développement de l’iPhone en Inde. Google, par ailleurs, explore également d’autres pistes, notamment en Inde, avec des partenaires comme Dixon.
La transition vers le Vietnam ne se fait cependant pas sans difficultés. La Chine impose des obstacles bureaucratiques à l’exportation de machines de test et d’outils essentiels au NPI, ce qui a déjà entraîné des retards pour Google. De plus, les potentielles représailles de Pékin concernant l’exportation de terres rares, des composants essentiels, pourraient compliquer le processus.
Pour l’instant, Google privilégie une approche progressive. Le développement de la gamme Pixel A, plus abordable, restera pour le moment en Chine, la complexité d’une migration totale étant jugée trop importante. L’entreprise souhaite d’abord sécuriser la production de ses modèles haut de gamme.
Ce plan de défense est similaire à celui mis en œuvre par Apple avec l’iPhone 17, qui a absorbé les coûts supplémentaires dans ses marges et s’est appuyé sur ses services pour limiter l’impact sur les prix de vente. Google craint que si elle ne prend pas de mesures, ses smartphones Android ne soient directement exposés à une augmentation des coûts.
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