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Anaïs Legand, responsable technique de l’OMS chargée des menaces virales, a précisé que des enquêtes sont en cours pour déterminer l’origine exacte de l’épidémie, tout en estimant que le virus circule probablement depuis deux mois.
L’Organisation mondiale de la Santé a classé l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo comme une urgence de santé publique de portée internationale ce mercredi 20 mai 2026. Le variant Bundibugyo, circulant depuis environ deux mois dans l’est du pays, a déjà provoqué plus de 130 décès suspects dans une région instable.
L’ombre de la mystique et le retard de détection
L’épidémie n’a pas surgi du néant ; elle s’est propagée en silence, loin des radars sanitaires, pendant plusieurs semaines. Tout semble avoir commencé à Bunia, bien avant la fin du mois d’avril, lorsqu’un infirmier a présenté des symptômes de fièvre et de vomissements brutaux. Trois jours plus tard, l’homme mourait. Cependant, l’alerte n’a pas été donnée immédiatement. Dans la communauté, la maladie a d’abord été interprétée comme un phénomène mystique. Les proches ont touché le corps et organisé des rites funéraires, transportant ensuite la dépouille vers la ville minière de Mongbwalu. Ce comportement, bien que culturellement ancré, a permis au virus de circuler sans contrôle pendant quatre semaines. Selon les informations de l’agence AA, cette période de transmission incontrôlée a totalement brouillé la visibilité de l’épidémie. “Personne n’a actuellement la maîtrise des chiffres”, prévient le professeur Jean-Jacques Muyembe, co-découvreur du virus Ebola en 1976, via l’institut national de recherche biomédicale de Kinshasa. Ce manque de visibilité est accentué par des défaillances techniques. Les premiers tests réalisés à Bunia avec les machines GeneXpert disponibles sur place sont revenus négatifs pour la souche Zaïre, masquant ainsi la présence de la souche Bundibugyo.Une menace d’urgence internationale pour la région
Face à la rapidité de la propagation, l’OMS a dû intervenir pour élever le niveau d’alerte. Bien que la situation soit critique, les autorités sanitaires distinguent l’urgence régionale de la menace pandémique mondiale. L’OMS estime élevé le risque d’une épidémie aux niveaux national et régional mais faible au niveau mondial.Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS Les bilans évoluent rapidement à mesure que les enquêtes progressent. Si les autorités congolaises faisaient état mardi 19 mai de 543 cas suspects et 136 décès, les estimations les plus récentes sont plus alarmantes. D’après les données de Reuters relayées par Boursier.com, l’organisation fait état de 600 cas présumés et 139 décès suspects.| Indicateur de l’épidémie | Valeur rapportée |
|---|---|
| Cas présumés | 600 |
| Décès suspects | 139 |
| Aide d’urgence débloquée par l’OMS | 3,9 millions de dollars |
| Taux de létalité potentiel du variant | Jusqu’à 40 % |
L’enclavement de Goma sous la menace des rebelles
L’un des enjeux les plus critiques de cette crise est la situation géographique de Goma. La ville, qui abrite près de deux millions d’habitants, est actuellement sous le contrôle des rebelles du M23. Cette instabilité politique et militaire crée un véritable verrou sanitaire. L’aéroport international est fermé et la frontière avec le Rwanda est également coupée. Cette situation d’isolement fait craindre une catastrophe humanitaire si l’aide médicale ne peut atteindre les populations. Comme le rapporte franceinfo, les habitants de Goma ressentent un sentiment profond d’isolement. “Il y a ce sentiment, chez la population, d’être coupée du monde. Ils sont nombreux à se demander comment va se faire la riposte, parce qu’avec cette fermeture, Goma est enclavée, c’est ce qui inquiète le plus la population.”, Fidèle Kitsa, journaliste indépendant Parallèlement à l’insécurité, la peur de la maladie modifie les comportements sociaux. Le lavage des mains est devenu un réflexe et les rassemblements sont évités de manière spontanée. “S’il n’y a pas d’accès pour l’aide humanitaire, et que la maladie se propage à une telle ampleur, qu’est-ce qui peut arriver ? C’est la catastrophe”, Lucie, travailleuse socialeLe défi médical du variant Bundibugyo
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