Northrop Grumman adapte des composants matériels et technologiques issus du module de station spatiale Habitation and Logistics Outpost (HALO) pour alimenter une nouvelle série de missions de démonstration baptisées Lunar Infrastructure Demos (LID), selon des annonces de l’entreprise et de la Spaceflight Now. Ce projet vise à accélérer la mise en place de la base lunaire du programme Artemis au pôle Sud de la Lune.
Transformation du module HALO en missions de démonstration lunaire
Le module HALO avait été conçu à l’origine comme module d’habitation pour la station spatiale Gateway en orbite lunaire, un projet revu lors d’une restructuration de l’architecture du programme Artemis. Dans le cadre de l’ancien plan, la NASA avait attribué un contrat initial de 187 millions de dollars en juillet 2019 à Northrop Grumman pour achever la conception préliminaire. Ce contrat a ensuite évolué vers un montant de 1,3 milliard de dollars en 2021, puis de 1,8 milliard en septembre 2024, avant d’atteindre 1,9 milliard de dollars en avril 2026, date à laquelle la NASA a émis un ordre d’arrêt des travaux en raison notamment de problèmes de corrosion et de retards de calendrier.
Objectifs et technologies des missions LID
Plutôt que d’abandonner le module inachevé, Northrop Grumman réutilise les interfaces de puissance, de données et mécaniques de HALO pour contribuer aux missions LID-1, LID-2 et LID-3. Ces missions de démonstration doivent permettre de faire progresser rapidement les technologies liées à l’énergie de surface, la gestion thermique, l’autonomie, les communications et les services de charges utiles hébergées.

Ces équipements sont destinés à résister aux conditions extrêmes du pôle Sud lunaire, où les températures peuvent varier de -334 degrés Fahrenheit à 130 degrés Fahrenheit, tout en faisant face aux nuits lunaires de plusieurs semaines. Les données recueillies doivent aider à mieux protéger les robots et les futurs équipages humains lors de séjours de longue durée. Selon un communiqué de Northrop Grumman publié le 4 août, David Schiller, vice-président de l’espace civil et des sciences chez Northrop Grumman, a déclaré que pour aider la NASA à avancer plus rapidement, l’alimentation, les données et les interfaces mécaniques de HALO permettront à l’agence d’agir avec rapidité et de commencer à recueillir plus tôt de véritables données sur les performances à la surface de la Lune.
Calendrier et perspectives pour la base Artemis
La NASA prévoit près de deux dizaines de missions robotiques non habitées vers la Lune pour préparer les infrastructures nécessaires avant le retour des astronautes. Les missions LID débuteront durant la phase un du programme Moon Base, une période de développement qui s’étend d’aujourd’hui jusqu’en 2029, bien qu’aucun calendrier de lancement précis n’ait été communiqué par l’agence ou par le constructeur.

Le choix de la région du pôle Sud s’explique par la présence de glaces d’eau détectées par les scientifiques. L’exploitation de ces ressources locales, connue sous le terme d’in-situ resource utilization
(ISRU), doit permettre de produire de l’eau potable, d’assurer une protection contre les radiations et de fabriquer du carburant pour fusée, garantissant ainsi une habitation durable sur la surface lunaire.