Des chercheurs de la Keck Medicine de l’USC ont découvert qu’une association de champs de traitement des tumeurs, d’immunothérapie et de chimiothérapie était associée à une augmentation de 70% de la survie globale chez les patients atteints de glioblastome, une forme agressive de cancer du cerveau, selon une étude publiée récemment.
Le glioblastome demeure l’une des tumeurs cérébrales les plus agressives et les plus difficiles à traiter. Selon la National Brain Tumor Society, l’espérance de vie moyenne après un diagnostic de glioblastome est de huit mois. En raison de sa localisation et de la barrière hémato-encéphalique qui protège le système nerveux central, les traitements conventionnels se heurtent à d’importants obstacles biologiques. Une nouvelle approche thérapeutique combine toutefois des champs électriques ciblés à l’immunothérapie (pembrolizumab) et à la chimiothérapie (temozolomide) pour stimuler les défenses immunitaires des malades.
La thérapie par champs de traitement des tumeurs (TTFields), qui délivre des ondes de champs électriques ciblées directement dans les tumeurs pour stopper leur croissance et signaler au système immunitaire du corps d’attaquer les cellules cancéreuses, peut prolonger la survie des patients atteints de glioblastome lorsqu’elle est combinée avec l’immunothérapie et la chimiothérapie.
Le rôle des champs électriques dans la lutte contre le glioblastome
La thérapie par champs de traitement des tumeurs, ou TTFields, recourt à des ondes électriques de faible intensité et de fréquence intermédiaire transmises par l’intermédiaire d’un ensemble d’électrodes en forme de grille stratégiquement positionnées sur le cuir chevelu. Les patients portent ces électrodes pendant environ 18 heures par jour pour perturber la multiplication des cellules cancéreuses. Selon les travaux menés par l’équipe de la Keck Medicine, ces champs perturbent la croissance tumorale en utilisant des champs électriques alternatifs de faible intensité qui poussent et tirent les structures clés à l’intérieur des cellules tumorales dans des directions continuellement changeantes, ce qui rend difficile la multiplication des cellules.
Empêcher la croissance tumorale donne aux patients de meilleures chances de combattre le cancer avec succès. Lorsqu’ils sont utilisés pour traiter le glioblastome, les TTFields sont délivrés par des électrodes en grille positionnées sur le scalp pour générer des champs à une fréquence et une intensité précises concentrées sur la tumeur. L’utilisation de ce type d’appareil s’inscrit dans une stratégie thérapeutique globale déployée également dans d’autres régions du monde, à l’instar des initiatives menées par des laboratoires et des entreprises comme Novocure aux États-Unis et la firme de biotechnologie Zai Lab en Chine pour élargir l’accès à cette thérapie électrique novatrice en Asie, notamment à Hong Kong où Zai Lab a traité quatre patients depuis le mois de septembre de l’année précédente, aux côtés de projets similaires comme le dispositif portable Optune porté par des patients comme Jon Sedor ou Robert Saylor.
Stimulation immunitaire et effet de l’immunothérapie
L’un des apports majeurs de la recherche réside dans la démonstration que les champs électriques ne se limitent pas à freiner mécaniquement la tumeur. Les chercheurs ont observé que les TTFields attirent un plus grand nombre de cellules T combattant les tumeurs, qui sont des globules blancs.

David Tran, chef de la neuro-oncologie à la Keck Medicine de l’USC, explicite le mécanisme en ces termes :
David Tran, chef de la neuro-oncologie à la Keck Medicine de l’USC

Cette action conjointe permet de surmonter la résistance naturelle qu’oppose le cerveau aux immunothérapies. Parallèlement, des chercheurs du centre de recherche du MIT à Singapour (Singapore-MIT Alliance for Research and Technology, SMART), incluant le professeur Roger Kamm, les chercheurs Andrea Pavesi et Giulia Adriani, le post-doctorant Majid Ebrahimi Warkiani, l’étudiant Andy Tay, ainsi que Wei Hseun Yeap et Siew Cheng Wong de la Singapore Immunology Network, ont développé un nouveau dispositif microfluidique de la taille d’une pièce de monnaie d’un dollar américain pour tester les effets de champs électriques sur des cellules cancéreuses du sein et du poumon, dont les résultats ont été publiés dans Scientific Reports.
Résultats cliniques et cas des tumeurs inopérables
L’analyse des données met en relief des gains de survie significatifs. De nouvelles recherches menées à l’USC montrent que l’association de cette thérapie par champs électriques avec l’immunothérapie et la chimiothérapie était associée à une augmentation de 70% de la survie globale. De surcroît, ces résultats offrent un espoir particulier pour les patients présentant des tumeurs volumineuses et inopérables : ces patients ont affiché les réponses immunitaires les plus fortes au traitement. Les chercheurs estiment que ces patients profitent d’une stimulation accrue du système immunitaire face à une masse tumorale initiale plus importante.