Le jury a entamé ses délibérations dans le cadre du procès du commanditaire présumé du meurtre du rappeur Tupac Shakur, survenu en 1996, selon les informations rapportées par Tvanouvelles. La juge Carli Kierny a renvoyé les jurés en délibéré à l’issue de près de cinq heures de plaidoiries finales présentées par l’accusation et la défense à Las Vegas.
Début des délibérations au procès du meurtre de Tupac Shakur
L’unique accusé dans cette affaire est Duane Davis, un ancien chef de gang également surnommé « Keffe D » et ex-figure des South Side Compton Crips, un gang d’un quartier de Los Angeles. Il plaide non coupable et encourt la perpétuité incompressible, d’après les précisions de Bluewin. Trente ans après les faits, ce procès constitue une étape déterminante pour élucider l’un des « cold cases » les plus suivis de l’histoire, le rappeur américain ayant été mortellement blessé par des tirs le 7 septembre 1996 et décédé six jours plus tard à l’âge de 25 ans, comme le rappelle Letemps.
La thèse de l’accusation et le mobile des représailles
Dans son réquisitoire, le procureur Binu Palal, représentant l’État du Nevada, a défendu la thèse de représailles consécutives au passage à tabac du neveu de Duane Davis, Orlando Anderson, auquel Tupac Shakur avait participé quelques heures avant la fusillade. L’accusé a été décrit comme un « caïd » tout-puissant (« shot caller ») dont les membres des Crips exécutaient les ordres. Selon l’accusation, le meurtre s’inscrivait dans un cycle de vendetta et dans un contexte de rivalité entre deux labels de musique, Death Row Records et Bad Boy Records fondé par Sean « P. Diddy » Combs, chacun s’appuyant sur des gangs rivaux — les Crips et les Bloods — pour protéger ses artistes.

Le procureur a insisté sur les déclarations passées de Duane Davis, affirmant qu’il s’était procuré le pistolet et avait organisé le groupe pour donner la chasse au rappeur. L’accusé avait reconnu en 2008 devant les enquêteurs qu’il se trouvait dans la Cadillac blanche d’où les coups de feu avaient été tirés, bien que ces confidences fussent couvertes par un accord d’immunité partielle. Il s’était ensuite confié dans les médias et avait publié en 2019 des mémoires dans lesquels il racontait occuper le siège passager et avoir fait passer l’arme aux occupants de la banquette arrière.
La défense et l’absence de preuves matérielles
De son côté, la défense, représentée par l’avocat Michael Sanft, a vivement contesté les accusations en insistant sur l’absence totale de preuves matérielles dans ce dossier. La défense soutient qu’aucune preuve n’établit que Duane Davis se trouvait à Las Vegas le soir du 7 septembre 1996, rappelant que ni la Cadillac blanche ni l’arme du crime n’ont jamais été retrouvées par les autorités.

Arrêté en septembre 2023 à la suite de la parution de son livre, Duane Davis soutient désormais que ses écrits ont été romancés par son co-auteur et relèvent de la fiction, contestant toute valeur d’aveu à ses déclarations publiques. Les jurés doivent désormais trancher sur sa culpabilité au terme de ces débats.