Le président français Emmanuel Macron et le premier ministre canadien Mark Carney se rendent à Saint-Pierre-et-Miquelon pour afficher l’unité du Canada, de la France et des Européens et réaffirmer la souveraineté des nations
, selon des informations rapportées par Le Figaro et La Presse. Ce déplacement constitue la première visite officielle d’un chef de gouvernement canadien dans cet archipel français de l’Atlantique nord, situé à une vingtaine de kilomètres des côtes de Terre-Neuve et comptant environ 6 000 habitants sur 240 kilomètres carrés.
Emmanuel Macron et Mark Carney affirment la souveraineté des nations à Saint-Pierre-et-Miquelon
La visite intervient dans un contexte international particulièrement sensible marqué par les tensions géopolitiques et les prises de position du président américain Donald Trump. Ce dernier a notamment publié une carte couvrant du drapeau des États-Unis le Canada, le Groenland, le Mexique et les Antilles, englobant au passage plusieurs territoires français ultramarins dont la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon. Face à ces pressions, l’Élysée a souligné que la France et le Canada partagent les mêmes valeurs de liberté, de démocratie, d’État de droit et de respect de la souveraineté des nations.
Contexte géostratégique et rapprochement entre le Canada et l’Europe
La rencontre au sommet de Saint-Pierre-et-Miquelon fait suite à des démarches diplomatiques majeures en Europe. Mark Carney revient de Strasbourg, où il a acté un rapprochement entre son pays et l’Union européenne après avoir salué l’initiative de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen visant à faire du Canada le premier membre associé
de l’UE, selon La Presse. Ce rapprochement a provoqué la réaction de Donald Trump, engagé dans une guerre commerciale contre Ottawa.


Du côté français, Emmanuel Macron entend réaffirmer la présence géostratégique de la France aux portes des États-Unis et de l’Arctique. L’Élysée rappelle également l’histoire de l’archipel, qui fut le premier territoire français à passer sous le contrôle de la France libre en décembre 1941 sur ordre du général de Gaulle, et ce malgré l’opposition du président américain Franklin D. Roosevelt qui souhaitait maintenir le statu quo avec le régime de Vichy. La dernière visite d’un président français dans cet avant-poste remontait à François Hollande en 2014.
Défis locaux, climat et perspectives de développement
Outre les enjeux géopolitiques, ce déplacement aborde la situation socio-économique de la plus petite collectivité française et ses perspectives d’avenir à l’horizon de 10 à 15 ans pour en faire une base arrière de coopération polaire. D’après Radio-Canada, les discussions portent notamment sur les activités spatiales, la relance de la filière pêche, les ports, le numérique, l’économie bleue et le renforcement des échanges humains et économiques avec le Canada.
L’archipel fait également face aux impacts majeurs des changements climatiques. Le village de Miquelon est confronté à la disparition de la banquise côtière, à l’érosion littorale, à la montée des eaux et à la recrudescence des tempêtes, ce qui a nécessité un projet de relocalisation de la localité à l’intérieur des terres. Ses 600 habitants sont considérés comme les premiers réfugiés climatiques de France, un dossier suivi de près par les élus locaux et les autorités nationales.
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