Alors que la Belgique fait face à des tensions énergétiques et cherche au moins 10 milliards d’euros pour combler son déficit public, le gouvernement fédéral assure que le pays reste bien approvisionné pour l’hiver. Les ménages subissent toutefois de plein fouet la flambée des prix à la pompe, sans espoir d’un bouclier fiscal similaire à celui de 2022.
La rentrée s’annonce particulièrement tendue sur le front énergétique en Belgique. Cette reprise des tensions intervient alors que les ménages s’apprêtent à relancer leurs systèmes de chauffage à l’approche de la saison froide.
Mathieu Bihet et la sécurité d’approvisionnement énergétique pour l’hiver
Face à la volatilité des marchés mondiaux, le gouvernement se veut rassurant concernant la disponibilité des ressources. Le ministre fédéral de l’Energie, Mathieu Bihet (MR), surveille la situation de très près. Malgré les incertitudes planant sur les approvisionnements, il souligne que les stocks stratégiques constitués par le pays et son rôle central de hub énergétique européen permettent de limiter considérablement le risque de pénurie pour le gaz et le mazout.
Un défi particulier concerne le gaz naturel, avec l’interdiction totale d’importation du gaz naturel liquéfié (GNL) russe qui doit entrer en vigueur à partir du 1er janvier prochain. Malgré ce tournant géopolitique et logistique, les autorités affirment que le territoire belge conserve des volumes suffisants pour traverser la période hivernale sans rupture majeure.
La structure des prix à la pompe et le poids de la fiscalité
Si la quantité de carburant ne manque pas, son coût au litre pèse lourdement sur le budget des citoyens. Pour saisir la réalité de la facture, il faut analyser ce que recouvre précisément le montant payé en station-service. Le tarif ne dépend pas uniquement de la cotation du pétrole brut sur les marchés mondiaux, puisqu’il intègre également les frais de raffinage, les marges des opérateurs économiques et la fiscalité en vigueur.
Cette forte composante fiscale offre en théorie un levier direct aux pouvoirs publics. En réduisant les accises ou la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), l’État pourrait mathématiquement faire baisser le prix final acquitté par les automobilistes. Toutefois, une telle décision politique entraînerait mécaniquement une diminution immédiate des recettes perçues par les finances publiques.
Pourquoi la Belgique ne peut pas rejouer le scénario de soutien budgétaire de 2022
Durant la crise énergétique de 2022, plusieurs gouvernements européens avaient massivement intervenu pour amortir le choc inflationniste. En Espagne, par exemple, l’exécutif dirigé par Pedro Sánchez avait abaissé le niveau de la taxe à la pompe de l’époque, permettant aux consommateurs de bénéficier d’une baisse d’environ 29 centimes par litre pour l’essence 95 et de 23 centimes pour le diesel. Des dispositifs comparables avaient été adoptés en Italie, en Allemagne et au Portugal.
La situation financière actuelle de la Belgique ne permet plus d’envisager de telles largesses budgétaires. Selon l’analyse de l’économiste, le pays fait face à des contraintes structurelles majeures : Si on baisse les taxes pour augmenter les impôts, on reprend d’une main ce qu’on donne de l’autre.
Le contexte budgétaire belge se caractérise par une recherche urgente d’économies, le gouvernement cherchant au minimum 10 milliards d’euros pour redresser les comptes publics. Dans ce climat de rigueur, l’espace fiscal a totalement disparu, contrairement à d’autres nations européennes.
« Parce qu’ils ont un déficit public annuel qui est en deçà des 3%. Donc, ils ont des marges pour aider. Clairement, c’est ce qu’on a eu en 2022, quand il y a eu la crise énergétique, il y a eu des marges pour aider, pour limiter la TVA, pour empêcher la TVA de 21 à 6, pour aider. Là, on est dans une situation où il n’y a plus de marge, il n’y a plus d’espace fiscal, il n’y a plus d’argent. »
un économiste
Le déficit public et l’effort demandé aux contribuables
Faute de marges de manœuvre, la politique menée en Belgique conduit de facto le consommateur à financer indirectement les déséquilibres budgétaires de l’État à chaque passage à la station-service. L’analyse de l’économiste souligne cette asymétrie par rapport à ses voisins : En Belgique, on paie plus cher que dans d’autres pays européens. Pourquoi ? Parce qu’on doit renflouer les caisses de l’État
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Cette ponction invisible sur le pouvoir d’achat sert directement à absorber le poids de la dette publique. On doit trouver 10 milliards.
Si on fait la même chose qu’en Italie, ça sera 15 milliards à trouver.
On le payera d’une autre façon.